CONFERENCE INTERNATIONALE A PARTIR DE JEUDI SUR LES MUTILATIONS SEXUELLES


AFP

Une conférence internationale sur les mutilations sexuelles des femmes, à laquelle participeront quelque 450 personnes dont des ministres africains, doit se tenir de jeudi à samedi à Nairobi, ont annoncé mardi les organisateurs. Cette conférence vise "à mobiliser les gouvernements et sensibiliser les politiques et les parlementaires (...) afin de les aider à casser des règles établies depuis longtemps", selon un communiqué conjoint du gouvernement kényan et de plusieurs organisations non-gouvernementales (ONG) à l'origine de cette réunion. Elle doit être "l'occasion de partager nos expériences" dans la lutte contre les mutilations sexuelles qui continuent malgré les campagnes d'information, a expliqué la présidente de l'association des journalistes femmes au Kenya (AMWIK), Pamela Mburia, lors d'une conférence de presse à Nairobi. Environ 450 participants sont attendus, dont une petite centaine venus de l'étranger: des médecins, des enseignants, des victimes de ces mutilations, ainsi que des personnalités politiques, dont des ministres africains et l'Italienne Emma Bonino, députée au parlement européen et fondatrice de l'ONG "Pas de paix sans justice", qui organise la conférence. Il y a actuellement entre 120 et 130 millions de femmes qui ont subi des mutilations sexuelles dans le monde, et particulièrement en Afrique, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Et chaque année, deux millions de fillettes en sont toujours victimes, soit "une toutes les quatre minutes", a souligné Khady Koita, présidente de l'association Réseau européen pour la prévention et l'éradication des mutilations génitales féminines. Les chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) avaient signé en juillet 2003 le protocole de Maputo sur les droits des femmes en Afrique, qui stipule notamment que les mutilations sexuelles doivent être interdites et condamnées. Mais à ce jour, seulement trois pays (les Comores, la Libye et le Rwanda) ont ratifié ce protocole.