Accueil ›
Chirac tend la main a son ami le tsar
Tweet
Vladimir Poutine arrive ce matin en France. Avant la réunion de travail avec Schröder et Zapatero, Paris veut manifester son soutien à la Russie.
S'il n'en reste qu'un à soutenir Poutine, Chirac pourrait bien être celui-là. Malgré les dérapages du patron du Kremlin, le président français veut toujours croire à sa volonté de réformes et à son désir d'amarrer la Russie au monde occidental. Aussi faut-il poursuivre un «dialogue constructif» avec Moscou. C'est tout le sens donné à la visite de Vladimir Poutine aujourd'hui à Paris et au sommet quadripartite auquel ont été conviés l'Allemand Gerhard Schröder et l'Espagnol José Luis Zapatero.
Le discours a toutefois sensiblement évolué côté français. A l'assurance sereine selon laquelle, durant son premier mandat (2000-2004), Poutine s'attachait à démocratiser le pays a succédé l'incertitude, voire la perplexité. On parle désormais de «crispations», de «difficultés», d'un «Poutine affaibli». On évoque pudiquement l'espace rétréci de l'opposition, le pluralisme écorné de la presse, la détérioration des relations avec le monde extérieur, et avec cet «étranger proche» comme l'Ukraine où les sujets de tension s'accumulent.
Assaut d'amabilités. Le problème pour Paris, qui a fait de Moscou un allié clé contre la guerre en Irak et qui entend le conserver, est de s'adapter à cette évolution. «Comment continuer à tendre la main sans dire amen à tout ?» reconnaît un diplomate, sans craindre le paradoxe. Manifestement, la réponse n'a pas été trouvée. Le sommet risque fort d'être un assaut d'amabilités. Ainsi de la visite que les deux Présidents vont faire au Centre des opérations aériennes de Taverny, une «fleur» de Paris après le geste de Poutine qui avait emmené Chirac, en avril 2004, à la base militaire secrète de Krasnoznamensk.
Mais pourquoi tant de délicatesse ? Pour Paris d'abord, il est impératif d'avoir une Russie stable aux portes de l'Union européenne d'autant que celle-ci, en s'élargissant, en est désormais frontalière. Le monde entier, ajoute-t-on, s'en porte mieux, Moscou collaborant aux efforts de paix au Proche et Moyen-Orient comme en Afghanistan.
Au-delà, il y a la vision chiraquienne d'un «monde multipolaire» où la Russie est appelée à être l'un des pôles de puissance aux côtés de la Chine, de l'Inde, de l'UE, etc. qui mettraient fin à l'hégémonie américaine. Dans ce cadre, l'obsession de Poutine de redonner sa place à une Russie humiliée est jugée salutaire.
Dès lors, la nature de cette Russie amenée à devenir un pilier du nouvel ordre mondial n'est pas la préoccupation première. S'agit-il d'une Russie néo-impériale et autoritaire, voie sur laquelle Poutine semble engagé ? Ou d'une Russie démocratique et respectueuse de ses voisins ? A Paris, on ressort les grands classiques pour excuser les dérives poutiniennes et prôner la patience. La Russie revient de loin, dit-on, sa démocratie n'a pas quinze ans. Ne demande-t-on pas trop à Poutine qui a dû s'atteler à rebâtir un Etat? S'il partait, son successeur ne risquerait-il pas d'être pire ?
Il faut donc réconforter une Russie qui se sent maltraitée sur la scène internationale : elle a été rappelée à l'ordre par George W. Bush pour ses écarts démocratiques, ridiculisée après son ingérence ratée en Ukraine et même parfois brusquée par la Commission européenne elle-même. Ce qui n'exclut pas de s'expliquer franchement. Ainsi assure-t-on que la question de la Tchétchénie sera abordée lors des entretiens bilatéraux. Guère ému par la mort du président indépendantiste Aslan Maskhadov dans des conditions suspectes, Paris se contentera sans doute de répéter qu'«une solution politique» est indispensable. Sans craindre la vacuité du propos, Maskhadov étant le dernier qui pouvait être un interlocuteur représentatif.
Unanimité. Il n'est pas sûr que cette politique d'accommodement avec Poutine fasse l'unanimité au sein des Vingt-Cinq, notamment chez les nouveaux membres issus de l'ex-bloc communiste. Paris promet la transparence et se fait fort de rassurer ses pairs. Peut-on d'ailleurs faire autrement ? «A vingt-cinq on est devenu si nombreux !» soupire-t-on.
S'il n'en reste qu'un à soutenir Poutine, Chirac pourrait bien être celui-là. Malgré les dérapages du patron du Kremlin, le président français veut toujours croire à sa volonté de réformes et à son désir d'amarrer la Russie au monde occidental. Aussi faut-il poursuivre un «dialogue constructif» avec Moscou. C'est tout le sens donné à la visite de Vladimir Poutine aujourd'hui à Paris et au sommet quadripartite auquel ont été conviés l'Allemand Gerhard Schröder et l'Espagnol José Luis Zapatero.
Le discours a toutefois sensiblement évolué côté français. A l'assurance sereine selon laquelle, durant son premier mandat (2000-2004), Poutine s'attachait à démocratiser le pays a succédé l'incertitude, voire la perplexité. On parle désormais de «crispations», de «difficultés», d'un «Poutine affaibli». On évoque pudiquement l'espace rétréci de l'opposition, le pluralisme écorné de la presse, la détérioration des relations avec le monde extérieur, et avec cet «étranger proche» comme l'Ukraine où les sujets de tension s'accumulent.
Assaut d'amabilités. Le problème pour Paris, qui a fait de Moscou un allié clé contre la guerre en Irak et qui entend le conserver, est de s'adapter à cette évolution. «Comment continuer à tendre la main sans dire amen à tout ?» reconnaît un diplomate, sans craindre le paradoxe. Manifestement, la réponse n'a pas été trouvée. Le sommet risque fort d'être un assaut d'amabilités. Ainsi de la visite que les deux Présidents vont faire au Centre des opérations aériennes de Taverny, une «fleur» de Paris après le geste de Poutine qui avait emmené Chirac, en avril 2004, à la base militaire secrète de Krasnoznamensk.
Mais pourquoi tant de délicatesse ? Pour Paris d'abord, il est impératif d'avoir une Russie stable aux portes de l'Union européenne d'autant que celle-ci, en s'élargissant, en est désormais frontalière. Le monde entier, ajoute-t-on, s'en porte mieux, Moscou collaborant aux efforts de paix au Proche et Moyen-Orient comme en Afghanistan.
Au-delà, il y a la vision chiraquienne d'un «monde multipolaire» où la Russie est appelée à être l'un des pôles de puissance aux côtés de la Chine, de l'Inde, de l'UE, etc. qui mettraient fin à l'hégémonie américaine. Dans ce cadre, l'obsession de Poutine de redonner sa place à une Russie humiliée est jugée salutaire.
Dès lors, la nature de cette Russie amenée à devenir un pilier du nouvel ordre mondial n'est pas la préoccupation première. S'agit-il d'une Russie néo-impériale et autoritaire, voie sur laquelle Poutine semble engagé ? Ou d'une Russie démocratique et respectueuse de ses voisins ? A Paris, on ressort les grands classiques pour excuser les dérives poutiniennes et prôner la patience. La Russie revient de loin, dit-on, sa démocratie n'a pas quinze ans. Ne demande-t-on pas trop à Poutine qui a dû s'atteler à rebâtir un Etat? S'il partait, son successeur ne risquerait-il pas d'être pire ?
Il faut donc réconforter une Russie qui se sent maltraitée sur la scène internationale : elle a été rappelée à l'ordre par George W. Bush pour ses écarts démocratiques, ridiculisée après son ingérence ratée en Ukraine et même parfois brusquée par la Commission européenne elle-même. Ce qui n'exclut pas de s'expliquer franchement. Ainsi assure-t-on que la question de la Tchétchénie sera abordée lors des entretiens bilatéraux. Guère ému par la mort du président indépendantiste Aslan Maskhadov dans des conditions suspectes, Paris se contentera sans doute de répéter qu'«une solution politique» est indispensable. Sans craindre la vacuité du propos, Maskhadov étant le dernier qui pouvait être un interlocuteur représentatif.
Unanimité. Il n'est pas sûr que cette politique d'accommodement avec Poutine fasse l'unanimité au sein des Vingt-Cinq, notamment chez les nouveaux membres issus de l'ex-bloc communiste. Paris promet la transparence et se fait fort de rassurer ses pairs. Peut-on d'ailleurs faire autrement ? «A vingt-cinq on est devenu si nombreux !» soupire-t-on.
Gli iscritti e contribuenti 2012
| FRANCESCA T. MILANO | 200 euro |
| EUFEMIA T. MUGGIO' | 200 euro |
| AMBROGIO S. CASSINA DE' PECCHI | 200 euro |
| PIER PAOLO S. FROSINONE | 200 euro |
| DAVIDE R. MILANO | 200 euro |
| LORENA P. MONZA | 200 euro |
| DAVIDE L. MANTOVA | 200 euro |
| PAOLO G. ROMA | 200 euro |
| MARTA G. ROMA | 200 euro |
| ANNA MARIA D. ROMA | 200 euro |
| Total SUM | 397.572 euro |
Gruppi radicali nel mondo
Communiqués de presse
22/03/2004
Russie.
RUSSIE: NOUVELLE ATTAQUE DU KREMLIN CONTRE DES MILITANTS DES DROITS DE L’HOMME ET DE ... LA DEMOCRATIE ! L'EUROPE N’A RIEN A DIRE ?
04/03/2004
Russie.
RUSSIE: 9 ANS DE PRISON POUR CESSION DE 0,5 GRAMMES DE METHADONE ! QUESTION A LA COMMISSION
Revue de presse
Documenti
16/03/2004
QUESTIONS (EP) Russie.
Russie/Interrogatoire de l'éditeur Alexandre Podrabinek: question à la Commission et réponse du Commissaire Patten
26/02/2004
RESOLUTION (ALSO MOTIONS) Russie.
Recommandation du Parlement européen à l'intention du Conseil sur les relations entre l'UE et la Russie
19/06/2003
QUESTIONS (EP) Russie.
Questions parlementaires posée par Maurizio Turco (NI) à la Commission










