CHINE : VIOLATION DES RÈGLES EN MATIÈRE DE REGISTRE D'INTERNET (DNS) DE LA PART DES AUTORITÉS DE PÉKIN. QUE FONT LES DÉMOCRATIES ?


Rome, le 5 décembre 2002. D'après les informations qui ont été diffusées par la Dynamic Internet Technology Inc (DIT) – une petite entreprise américaine aguerrie (partenaire technologique de Voice of America, Radio Free Asia et EpochTimes), qui s'occupe principalement de développer des technologies qui permettent de surmonter le système chinois de blocage des informations sur Internet (Firewall) - les autorités de la République Populaire de Chine ont mis depuis quelques mois à exécution une nouvelle stratégie qui vise à bloquer les sites qui ne sont pas appréciés par le régime. Il s'agit, en termes techniques, du soi-disant "webjacking", autrement dit du déroutement et, ensuite, du séquestre d'une adresse internet. Cette opération a lieu au niveau des ISP chinois (les fournisseurs d'accès au Réseau) par l'altération des DNS (Domain Name System), le registre d'Internet qui est destiné à transformer une adresse, la même dans le monde entier, d'alphanumérique en numérique (par ex. www.bbc.co.uk correspond à l'IP 212.58.240.31). En pratique, dans toute la Chine, le DNS "résout" incorrectement l'adresse qui est destinée à être bloquée, en envoyant l'utilisateur (qui l'ignore) vers une fausse adresse IP. Avec ce système, des listes entières de sites web sont déroutées vers une seule adresse qui sera bloquée, ensuite, au niveau du grand firewall chinois. En agissant ainsi, les "agents" préposés au contrôle d'Internet (30.000 personnes en Chine, d'après les estimations) ne sont plus obligés de poursuivre (en jouant au chat et à la souris) les sites "dissidents" qui changent souvent d'adresse IP, en essayant justement d'échapper au contrôle chinois. Grâce au programme (disponible sur le site de la DIT) qui permet de vérifier si un site chinois subit cet abus, nous avons pu vérifier que le site du Parti Radical Transnational (www.radicalparty.org) fait partie de la liste des sites qui ont été bloqués avec ce nouveau système qui est utilisé par le Gouvernement chinois.

Déclaration de Mihai Romanciuc, webmestre du Parti Radical Transnational

"La lutte du Gouvernement chinois contre la liberté d'_expression de ses citoyens sur Internet est sans fin. Mais la dernière "solution technique" qui a été trouvée par le Ministère de la Sécurité Publique ressemble à un véritable acte criminel contre des listes entières de sites Internet. Je n'ai pas été étonné – car le Parti Radical Transnational est, en effet, une vieille "connaissance" du Gouvernement chinois, et il suffit de rappeler le long article d'attaque contre son Secrétaire, Olivier Dupuis, qui a été publié par le plus grand quotidien gouvernemental chinois, le Quotidien du Peuple – de découvrir que cette technique est également appliquée à l'égard du site www.radicalparty.org. Garder "soigneusement mis à jour et révisés" les tableaux DNS, dans le monde entier, est un des fondements de l'ensemble du "système" Internet; ne pas le faire, par erreur, peut entraîner des préjudices économiques particulièrement lourds (comme cela s'est déjà vérifié), mais ne pas le faire délibérément représente une violation flagrante des normes qui sont reconnues au niveau international en ce qui concerne l'utilisation d'Internet, une violation qui devrait être poursuivable pénalement. On pourrait se demander, en effet, quelles seraient les réactions du Gouvernement chinois si les autres pays utilisaient ce système à son égard, en déroutant les utilisateurs qui voudraient voir le site www.gov.cn (le site du Gouvernement chinois) sur le site, par exemple, www.weijingsheng.org, celui du célèbre dissident chinois. Nous continuerons en tant que parti, à commencer par la question que le Secrétaire du PRT, Olivier Dupuis, a présentée à la Commission européenne, à soulever et à dénoncer ces pratiques dangereuses de la République Populaire de Chine dans toutes les instances appropriées".