Cambodge/assassinat de membres de l'opposition: réponse du Commissaire Patten


Question écrite (E-0258/04) posée par Olivier Dupuis (NI-Radical) à la Commission

Objet: Cambodge: assassinat de membres de l'opposition

Le 22 janvier dernier, Chea Vichea, leader syndical cambodgien, a été assassiné en plein jour dans le centre de Phnom Penh. Chea Vichea, 36 ans, était le président du Syndicat indépendant des ouvriers du Royaume du Cambodge - mouvement qu'il avait lui-même fondé en 1996 avec le leader de l'opposition Sam Rainsy. Fort de plus de 38.000 membres, il constitue de loin le syndicat le plus actif et le plus important. En juillet de l'an dernier, Chea Vichea avait reçu sur son téléphone portable des menaces de mort - des sms de mort. La police avait réussi à identifier la personne qui avait envoyé le message, mais s'agissant d'une personne très puissante, elle avait dit à Chea Vichea qu'elle ne pouvait le protéger et lui avait conseillé de quitter le pays. Chea Vichea avait dénoncé cet épisode également auprès du Bureau pour les droits de l'homme des Nations unies. Le département d'État Américain a immédiatement et fermement condamné cet assassinat, le dernier d'une longue série d'homicides et de tentatives d'homicide politique qui ont frappé au cours des derniers mois et des dernières semaines les militants du parti Sam Rainsy, le parti d'opposition qui constitue avec le FUNSINPEC l'Alliance démocratique. Ainsi, le 10 janvier dernier, M. Lay Kong a été assassiné. Ont connu le même sort, le 15 janvier, MM. Chhin La et Keo Chan. Le 16 janvier, M. Chhoeum Chhoeung a miraculeusement échappé à une tentative d'assassinat en se réfugiant au siège du PSR de sa région. De nombreux analystes politiques attribuent au premier ministre Hun Sen et à son entourage la responsabilité de ce climat de tension et de terreur, créé afin de soumettre l'opposition au bon vouloir du Premier ministre en ce qui concerne la formation du nouveau gouvernement.

La Commission a-t-elle réagi officiellement aux assassinats dont ont été victimes des personnalités et des militants politiques au cours des dernières semaines au Cambodge? Quelles initiatives a-t-elle prises ou entend-elle prendre pour signifier au Premier ministre Hun Sen que ces méthodes sont absolument inacceptables? La Commission n'estime-t-elle pas qu'une telle situation nécessiterait une initiative forte et convergente de la communauté internationale? En ce sens, la Commission n'estime qu'elle pourrait opportunément proposer au Conseil de lancer une initiative conjointe avec les États-Unis, le Japon et l'Australie afin de concourir avec force à l'élaboration d'une solution politique à la grave crise que traverse aujourd'hui le Cambodge?


Réponse (E-0258/04FR) donnée par M. Patten au nom de la Commission (4 mars 2004)

La Commission partage pleinement l’inquiétude de l’honorable parlementaire au sujet des récents actes de violence et du climat d’intimidation et d’impunité qui règne encore au Cambodge.

La Commission espère sincèrement que les autorités cambodgiennes prendront toutes les mesures qui s’imposent, dans le respect des procédures légales, pour réprimer les récents actes de violence. Elle souscrit aussi aux appels à la poursuite constructive et pacifique des négociations, lancés à tous les partis politiques du Cambodge, en vue de la formation rapide d’un nouveau gouvernement.

La Commission et les États membres vont continuer à suivre attentivement l’évolution de la situation à Phnom Penh et restent disposés à envisager toute autre action susceptible de sortir le Cambodge de l'impasse politique.