CAMBODGE : L’UNION EUROPEENNE DOIT INTERVENIR POUR EMPECHER LA THAILANDE D’EXTRADER M. SOK YOEN VERS PHNOM PENH


Strasbourg, le 13 janvier 2004. Le 28 novembre dernier une Cour d’appel thaïlandaise a émis, selon des procédés très peu conformes aux standards internationaux en vigueur, un verdict selon lequel M. Sok Yoeun, âgé de 72 ans, doit être extradé vers le Cambodge « après une période de 15 jours mais inférieure à trois mois ». L'extradition de M. Sok Yoeun a été sollicitée par des milieux souhaitant démontrer l'existence d'un complot visant à l'élimination physique de M. Hun Sen, dans lequel M. Sam Rainsy, chef de l'opposition cambodgienne, serait impliqué.

Par ailleurs le Haut Commissariat des Nations-unies aux Droits de l’Homme a accordé le statut de réfugié politique à M. Yoeun et les autorités finlandaises ont manifesté leur disponibilité à lui octroyer l'asile politique. La décision de la justice thaïlandaise est extrêmement grave en ce qu'elle viole ouvertement le droit international en créant un précédent extrêmement dangereux pour toutes les personnes vivant sous la protection de UNHCR en Thaïlande. En outre cette décision contribue à avaliser l'évidente machination politique intentée par le parti de M. Hun Sen et contribue par là à déstabiliser ultérieurement le Royaume du Cambodge.

Question d’Olivier Dupuis, député européen, radical, à la Commission:

« La Commission est-elle au courant de la situation de M. Sok Yoeun ? Dans l’affirmative, a-t-elle réagi officiellement et dans quels termes ? Quelles sont les démarches qu'elle a entreprises ou qu’elle entend entreprendre, éventuellement de concert avec les autorités finlandaises, pour empêcher l’extradition de M. Yoen de Thaïlande vers Phnom Penh ? En outre, quelles initiatives la Commission entend-elle prendre pour amener les autorités thaïlandaises à renouer avec la pratique qui était la leur de respecter les conventions internationales auxquelles la Thaïlande est partie et, en particulier, celles concernant le statut des réfugiés politiques ? Plus généralement quelle est le sentiment de la Commission devant cette énième machination politique ourdie par certains milieux bien connus de Phnom Penh et visant à détruire l’opposition démocratique et, par là, les perspectives d’un enracinement de la démocratie et de l’Etat de Droit au Cambodge ? »

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