"Berlusconi doit écouter les raisons du peuple tchétchène"


La Repubblica

A Rome un ministre du gouvernement en exil : "Une catastrophe humanitaire"

Rome – Il porte sur les bras les cicatrices des tortures et des sévices qu'il a subis quand il était prisonnier de l'armée russe. "Si j'avais été présent à la conférence de presse de Poutine et Berlusconi, je me serais déshabillé. Peut-être qu'alors, devant ces cicatrices, Berlusconi aurait parlé différemment". Umar Khanbiev est médecin-chirurgien. Durant le siège de Groznyï, en 1999, il a opéré sous les bombes des centaines de tchétchènes. A présent, il organise les hôpitaux dans les camps de réfugiés. Il est ministre de la Santé du gouvernement tchétchène en exil et considéré comme le bras droit du président Aslan Maskhadov. Il est venu en Italie avec le député européen radical Olivier Dupuis pour illustrer un nouveau plan de paix.

Le président du Conseil soutient que le génocide en Tchétchénie est une légende. "Ça ne m'étonne pas. Il répète la propagande de Moscou". Et, vous, quelles preuves avez-vous par contre? "Nous avons beaucoup de preuves, des photos et des documents qui prouvent les tortures et les sévices qu'ont subis les civils tchétchènes. Il existe des véritables camps de concentration. 250 mille personnes sont mortes en 4 ans". Et sur le fait que les Tchétchènes ont choisi avec un référendum d'appartenir à la Fédération russe, que répondez-vous? "Cette consultation a été une farce. Même l'Europe n'a pas reconnu sa validité. Mais c'est un sujet que je voudrais aborder personnellement avec Berlusconi". Quand? "Qu'il choisisse lui-même le lieu et la date. Je crois que c'est juste, après Poutine, qu'il permette au Président Maskhadov d'exposer les raisons du peuple tchétchène". Que prévoit votre proposition de paix? "Après 400 ans de guerre, il est évident que nous ne sommes pas capables d'attaquer le mal à la racine. Nous demandons une administration provisoire des Nations Unies". Et êtes-vous prêts à cesser les attentats? Nous combattons une guerre mais nous n'avons jamais mené des actions contre la population. Nous sommes contre les terroristes, même contre ceux de la prise d'otages du théâtre de Moscou". Quelle est la situation humanitaire en Tchétchénie? "Une catastrophe : 30 mille enfants ont besoin d'être soignés d'urgence. Les hôpitaux de la Ligurie et de Bolzano ont offert de les accueillir mais nos enfants sont bloqués : ils n'ont pas de visa et ne sont pas considérés comme des réfugiés politiques. J'espère que votre ministre des Affaires étrangères s'activera pour trouver une solution".