APPEL POUR LE DROIT UNIVERSEL À LA CONNAISSANCE


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Rome, 27 juillet 2015: les participants à la Conférence au Sénat italien "Universalité des Droits Humains pour la transition vers l'Etat de Droit et l'affirmation du Droit à la Connaissance"

Nous les soussignés, femmes et hommes responsables de législations et de gouvernements, femmes et hommes de sciences, lettres, arts, différents les un(e)s des autres par la religion, l’histoire et la formation spirituelle; mais tous et toutes hommes et femmes de paix;

Conscients des risques gravissimes qui menacent la coexistence civile dans une grande partie de la planète, en raison de l’érosion croissante que la démocratie et le propre État de Droit subissent au sein même des pays soi-disants “démocratiques”;

Profondément préoccupés par la multiplication des violations à l’encontre du cadre juridique commun – constitutif de la vie civile dans le monde occidental et du “Printemps arabe” – qui frappent la démocratie politique authentique, engendrent une augmentation des conflits et de la misère généralisée, bouleversent les ordres sociaux pacifiques;

sentons lurgence d’une action politique capable de ramener la vie des États démocratiques à la hauteur de leurs principes inspirateurs et des normes cohérentes avec ces derniers, dans un cadre restauré de conformité constitutionnelle interne et internationale.

Il s’agit d’envisager à nouveau, à travers des initiatives concrètes, une légalité démocratique tendante à l’universalité.

Ils est évidemment inutile de récupérer les vieux et ruineux recours à la force, qui engendrent seulement des nouvelles, douloureuses déchirures.

Nous croyons fermement que c’est seulement par le Droit que l’on peut trouver la clé de la paix.

Une nouvelle politique du Droit devra se developper en une série d'actions à être envisagées avec esprit critique et ouvert; elles devront être pratiquées à travers des volontés solidaires.

Le premier élément d’une telle initiative, qui tient tous les autres, est la conviction qu’un État ne peut être considéré démocratique si la connaissance n’appartient pas seulement à une, quelques-unes, voire même plusieurs personnes, mais à la généralité des citoyen(ne)s. Si la démocratie est le pouvoir du peuple – et si il est vrai qu'on est impuissants et donc incapables de décider correctement lorsqu’on ne connais pas – il est évident que le peuple, donc tous les citoyen(ne)s, ont le droit à la connaissance.

Le deuxième élément est l’existence de la capacité de connaître, c’est à dire d’être en mesure de recevoir les informations, de les sélectionner et évaluer de façon critique afin de décider le plus correctement possible. Cela signifie qu’une forte initiative est essentielle pour aider tout le monde, sans exceptions, dans le travail necessaire à affiner ses capacités cognitives. La lutte pour instaurer un système de formation intellectuelle ouvert à tous et le renforcement des outils de diffusion de l'information est donc une action préliminaire à l’affirmation du Droit.

Troisièmement, il est necessaire que les pouvoirs possédant l’information, essentielle à la prise de décisions du peuple, soient disposés à la rendre accessible. Notre initiative a pour cibles les plus hautes autorités internationales, les États, les organisations et les individus détenteurs des informations. C’est un défi difficile, qu’il faudra soutenir avec la force, patiente, du débat a tous le niveaux. Il s’agit de battre le vieux dogme de pouvoir souverain et absolu, de la “Raison d’État”, et d’en réduire la prétention dans des limites raisonnablement restreints; de la supprimer pour les situations internes aux États; d’en établir les prescriptions. Mais la campagne contre la “Raison d’État” doit, plus encore que les “secrets” du passé, mettre pleinement en lumière les raisons objectives, favorables et contraires, aux décisions qui sont devant nous tous. Ce qui importe le plus, en effet, n’est pas de condamner le passé irrévocable, mais de «connaître pour délibérer» l’avenir possible.

Seul un État qui reconnaisse entre autres le Droit des citoyens à la connaissance peut aspirer à être considéré proprement un État de Droit.

Nous soussignés sommes fermement convaincus que si les habitants du monde connaîtront les vrais enjeux – surtout les conditions réelles du défi – ils sauront très probablement prendre les décisions nécessaires afin d’éviter les menaces imminentes. Par conséquent – en convergence avec le Manifeste-appel de 1981 contre l'extermination par la faim et les guerres dans le monde, signé par cent treize lauréats du Prix Nobel – nous nous engageons dans un Appel contre l'infâme refus d’informer, contre les tromperies de la connaissance niée.

Cet appel nous engage avant tout – chacun(e) pour ses responsabilités dans la vie civile – à promouvoir à travers toutes les initiatives nonviolentes possibles, et principalement auprès des Nations Unies, la transition vers l’État démocratique et fédéraliste, fondé sur le Droit universel à la connaissance.

Ali Alaswad, ancien Député, Bahreïn
Khalil al-Marzooq, ancien Premier Vice-Président du Parlement, Bahreïn
Marou Amadou, Ministre de la Justice, Niger
Bakhtiar Amin, ancien Ministre poul res Drtois de l'Homme, Irak
Gianluca Ansalone, Analyste de politique et sécurité internationale, Italie
Mokeni Ataningamu , Sénateur, Rép. Dém. Congo
Beatriz Becerra Basterrechea, Députée européenne, Espagne
Rita Bernardini, Secrétaire de Radicali Italiani, ancienne députée
Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen et co-président des Greens/Free European Alliance Group,  
Furio Colombo, écrivain, ancien Sénateur, Italie
André Gattolin, Senateur Hauts-de-Seine, France
Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier Ministre, Algerie
Charles Goerens, Député européen, Luxembourg
Ramin Jahanbegloo, philosophe professeur de sciences politiques, Iran  
Birgitta Jónsdóttir, députée, Islande 
Aldo Masullo, philosophe, ancien député, Italie
Louis Michel, député européen, ancien Commissaire européen et ancien Ministre des Affaires Etrangères, Belgique 
Marco Pannella, ancien député et député européen, Italie
Deuzoumbe Daniel Passalet Président de l'association Droits de l'Homme Sans Frontières, Tchad
Claudio Radaelli, professeur de Sciences Po à l'Université de Exeter, Royaume-Uni 
Sam Rainsy, Leader de l'Opposition, Cambodge
Brian Rappert, Professeur de Sociologie, Philosophie et Anthropologie à l'Université de Exeter, United Kingdom
Ezechia Paolo Reale, Secretaire Général de l'Institut International des Etudes Supérieures dans les Sciences Criminelles, Italie
Najima Thay Thay Rhozali, ancienne Secrétaire d'Etat auprès du Ministère de l'Education, Maroc
Giulio Terzi di Sant'Agata, Ambassadeur, ancien Ministre des Affaires Etrangères, Italie
Saumura Tioulong,  Député de l'opposition, Cambodge
Vo Van Ai, Président de “Que Me: Action for Democracy in Vietnam”, Fance
Antonello Venditti, Chanteur, Italie
Jianli Yang, Président de “Initiatives for China”, Harvard Fellow, Etats-Unis