Accord sino-US sur la lutte antiterroriste, désaccord sur le Xinjiang

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Les Etats-Unis et la Chine se sont mis d'accord jeudi pour renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme international, en dépit de divergences sur le séparatisme musulman au Xinjiang, a indiqué un responsable américain. Prenant la parole au cours d'un point de presse organisé à l'issue d'une visite de deux jours, le coordinateur américain pour la lutte antiterroriste Francis Taylor a indiqué que les deux pays avaient décidé de créer un groupe de travail sur le financement du terrorisme tandis que Pékin avait accepté "d'envisager favorablement" une demande américaine visant à ouvrir un bureau chargé de la coopération judiciaire à Pékin. "Nous espérons envoyer du personnel du FBI (la police fédérale américain) dans ce bureau, s'il est approuvé, ce qui devrait grandement améliorer l'efficacité de notre coopération en matière judiciaire" a déclaré M. Taylor. Des réunions bi-annuelles devraient par ailleurs êtres organisées sur la lutte antiterroriste, afin de pouvoir mieux coordonner des actions au sein de l'ONU, a-t-il ajouté. M. Taylor a par ailleurs reconnu que les forces américaines avaient capturé en Afghanistan des "gens de Chine occidentale" qui combattaient aux côtés des Tabiban et du groupe terroriste Al-Qaïda. Mais malgré cette situation, M. Taylor a souligné que Washington ne considérait pas les séparatistes musulmans ouigours qui réclament la création d'un Etat indépendant du Turkestan oriental dans la région autonome chinoise du Xinjiang, comme des "terroristes". Situé à l'extrémité occidentale de la Chine, aux confins notamment du Pakistan et de l'Afghanistan, le Xinjiang connaît depuis une dizaine d'années une forte tension entre la majorité musulmane (principalement des Ouigours turcophones) et les Hans (38% de la population), ponctuée de plusieurs attentats à la bombe en 1997 attribués aux "séparatistes" ouïgours. La Chine considère que ces séparatistes sont des "terroristes" et a profité du soutien apporté à Washington après les attentats du 11 septembre pour renforcer la répression contre eux tout en réclamant plus de compréhension de la part du reste du monde et notamment des Etats-Unis. "Les Etats-Unis ne considèrent pas l'organisation du Turkestan oriental comme une organisation terroriste" a dit M. Taylor, ajoutant que les problèmes économiques et sociaux auxquels se trouve confrontée la population de Chine occidentale "ne sont pas nécessairement des problèmes terroristes et doivent être réglés par des solutions politiques et non antiterroristes". Il a encore démenti que les Etats-Unis aient accepté d'atténuer leurs critiques de la répression lancée par Pékin contre les séparatistes ouigours en échange du soutien apporté par la Chine à la guerre déclarée par Washington au terrorisme. Interrogée un peu plus tôt, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhang Qiyue, avait pour sa part reconnu que les deux pays avaient atteint un "large consensus" au cours des discussions de mercredi et jeudi. Mais elle s'était refusée à commenter la situation au Xinjiang. "Les deux parties (...) ont échangé des points de vue sur la situation antiterroriste internationale et régionale, la question afghane, ainsi que la coopération entre les deux pays pour combattre le terrorisme", s'était-elle contentée d'indiquer.