8 femmes et 4 hommes. Pas de contacts avec l'extérieur

Michaël Kaibeck
La Dernière Heure

ARLON Le président s'est félicité du confort dont les jurés allaient bénéficier au camp Bastin. «Vous avez une salle de travail, une salle de repos et chacun a sa chambre», indique, presque envieux, Stéphane Goux. Mais la situation des jurés est pourtant loin d'être enviable. «Vous ne pouvez pas avoir de contacts avec l'extérieur. Vous pouvez ouvrir les fenêtres pour autant que vous ne fassiez pas des signes...»

Ce n'est pas pour rien si les huit femmes et les quatre hommes du jury sont privés de GSM, de radio, de télévision et même d'Internet. Le président a délivré un ordre écrit par lequel il demande à la police de garder le bloc dans lequel se trouvent confinés les jurés. «Si vous avez un problème, quel qu'il soit, comme les jurés ne peuvent sortir de leur salle de délibération, la chef du jury pourra remettre un document écrit au policier de faction qui me contactera.»

Mais si la cour doit se rendre auprès des jurés pour un éclaircissement, c'est l'ensemble des parties prenantes qui doit alors se déplacer au camp Bastin, parties civiles, ministère public et accusés compris. Dans ce cas-là, «les avocats sont priés d'être toujours joignables et s'ils téléphonent, de ne pas avoir des conversations trop longues avec qui que ce soit», glisse, non sans humour, le président Goux qui précisera également aux jurés qu'ils doivent «remettre en ordre la salle des délibérations... Mais ne vous tracassez pas, ce n'est pas un motif d'annulation...»

Le jury a ensuite embarqué dans le bus kaki de l'armée, direction la caserne. Ce ne sont que les douze jurés effectifs qui délibèrent. Les huit suppléants seront logés dans un autre bloc. Parmi les effectifs, on trouve une forte majorité de femmes, qui sont renommées pour leur sévérité. Si l'on en est là, c'est parce que le chef du jury a été remplacé à cause d'un décès dans sa famille mais aussi parce que le sixième juré, Raymond Lardau, a été déclaré dans l'incapacité d'assumer sa charge nerveusement et physiquement. Dans cette délibération, les femmes ont donc la majorité absolue.

Pour rappel, pour déterminer la culpabilité, il faut un vote de 8 oui contre 4 non. Si c'est une majorité simple de 7 contre 5, la cour est saisie et en cas d'égalité, cela profite à l'accusé.