2nd Session of the United Nations Human Rights Council: Briefing sur la situation des Droits de l'Homme au Laos


INTERVENTION VANIDA S. THEPHSOUVANH Présidente du Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme (MLDH)


Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Depuis 31 ans, la République Démocratique Populaire Lao n'a pas cessé de transgresser les règles internationales des Droits de l'Homme, faisant d'elle l'un des Etats les plus répressifs en Asie, comme le soulignent tous les récents rapports d'Amnesty International, de Reporters sans Frontières, du Département d'Etat américain et bien d'autres.

Le constat est lourd et sans appel : absence de libertés d'expression, de presse, d'association et de réunion; persécution des populations ethniques en particulier les Lao-Hmongs; campagne de répression contre les religions minoritaires, en particulier chrétienne; déplacements des populations; arrestations arbitraires; traitements inhumains dans les prisons; système judiciaire aux ordres du régime, rendant impossibles des procès justes et équitables.

Le Mouvement Lao pour les Droit de l'Homme, que j'ai l'honneur de présider, déplore que le gouvernement de la République Démocratique Populaire Lao (RDPL) n’ait pas adopté jusqu'à ce jour les mesures nécessaires, visant à mettre réellement en pratique les Conventions Internationales qu'elle a pourtant signées ou ratifiées.

Comme à son habitude, à chaque fois que la communauté internationale est informée des violations des droits fondamentaux, le régime essaiera de s'en sortir par des pirouettes verbales, en niant toutes actions répréhensibles de sa part. Pour les dirigeants du Parti - Etat, il s'agira toujours de "pures fabrications" émanant des ''mauvaises personnes'' (khon bo di) qui cherchent à ''discréditer l'image du gouvernement Lao''.

Derrière le sourire que le peuple laotien offre aux touristes, il ne faut pas oublier que la RDP Lao est toujours dirigé par un régime dictatorial. Elle reste un Etat à Parti unique: le Parti Populaire Révolutionnaire Lao. Tout autre parti politique est interdit dans le pays, et ce principe est inscrit en toutes lettres dans la Constitution. Les organisations et institutions, autres que celles dans le giron du Parti ou sous le strict contrôle du système, ne sont pas autorisées. Les ONGs, présentes à ce briefing, par exemple, ne pourraient pas travailler Laos, ou du moins pas librement. Car parler des Droits de l'Homme est une grave "ingérence dans les affaires intérieures" punie par la loi communiste.

La presse, la radio, la télévision, l'Internet, l'ensemble des médias, appartiennent au Parti – Etat et sont sous son strict contrôle. La liberté d'expression et de manifestation est inexistante. Une loi sur Internet punit toute personne qui consulte ou mettre en ligne des éléments que le Parti considère comme pouvant "nuire à l'unité et à l'intégrité du pays". Et le gouvernement demande expressément aux propriétaires des "Cyber cafés" de veiller à ce que leurs lieux ne soient pas fréquentés par des "mauvais éléments".

Quatre dossiers particuliers sont au cœur des préoccupations du Mouvement Lao pour les droits de l'Homme : la violente répression contre les groupes de Lao-Hmong; la campagne de répression religieuse notamment contre des chrétiens; le sort des leaders du Mouvement étudiant du 26 Octobre 1999 incarcérés voici bientôt sept ans pour avoir oser réclamer publiquement la démocratie et dénoncer les graves dérives du régime; et les déplacements des populations qui entraînent de graves conséquences pour la vie de ces dizaines de milliers de villageois appartenant pour la plupart aux minorités ethniques.

1 – S'agissant de la répression contre les populations Lao-Hmong, des événements graves ont été signalés par les organisations de défense des droits de l'Homme et les médias internationaux. Voici les faits les plus marquants depuis la dernière réunion de la Commission des Droits de l'Homme: disparition de 26 jeunes réfugiés Lao-Hmong de 13 à 16 ans remis par la police Thailandaise aux autorités laotiennes début décembre 2005; 26 civils Lao-Hmongs "tués par des soldats gouvernementaux" en avril 2006 près de Vangvieng; appel désespéré lancé par 46 femmes et enfants Lao-Hmong affamés, à leur sortie le 6 juillet de la jungle de Phou Bia. Par ailleurs, des faits graves et préoccupants nous sont parvenus portant sur des arrestations, mauvais traitements, voire des "exécutions sommaires", à l'encontre de 173 civils Lao-Hmong qui s'étaient rendus aux autorités en juin 2005 près de Xiengkhouang, de même que à l'encontre des 242 autres, sortis de la jungle de Bolikamsay en octobre 2005.
Le 6 septembre, Amnesty International a lancé un "Appel Urgent" en faveur d'un groupe de 231 réfugiés Lao-Hmongs, en majorité des femmes et des enfants, qui se trouvaient dans une situation humanitaire dramatique dans la province Thailandaise de Phetchaboun, et sont menacés d'extradition vers le Laos. Lors de sa visite au mois d'août en Thailande, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, M. António Guterres, avait appelé Bangkok à ne pas renvoyer ces réfugiés vers le Laos, et à accorder à ces personnes "protection et assistance". Des milliers d'autres réfugiés Lao-Hmongs sont dans cette situation en Thaïlande.

La dernière information date du 20 septembre, sous la forme d'un communiqué du "Lao Humand Rights Council". Cette organisation, qui a son siège dans l'Etat du Wisconsin, a fait le point sur la situation des Lao-Hmong vivant dans les forêts et les montagnes du Laos et qui seraient encore au nombre de "20.000". Citant l'appel téléphonique d'un responsable Hmong sur le terrain, M. YANG Toua Thao, cette organisation écrit que, depuis le 24 août, les forces gouvernementales encerclent les groupes de Lao-Hmong "dans les secteurs de Muang Phoune, Muang Phoukhoune, Muang Kasy, Muang Vangvieng et Muang Phaxai. Lao Human Right Council indique que "19 enfants et vieillards, âgés de 5 à 65 ans, sont morts de faim durant les mois de juillet et août". Il indique aussi qu'on est sans nouvelles de 32 personnes appartenant à six familles qui s'étaient rendues le 29 août aux autorités pour échapper à la famine. La liste des personnes concernées a été rendue publique par le "Lao Human Rights Council". Elle est à la disposition de l'ensemble des organisations ici présentes.

Sauf, implication concrète et urgente de la communauté internationale, cette population, victime d'une véritable ''chasse à l'homme'' lancée par les forces armées de la République Démocratique Populaire Lao dans la jungle de Xaysomboun, de Bolikhamsay et dans d'autres régions du pays, est appelée à disparaître et aucun de nous ne pourra dire, ce jour là, que nous ne l'avions pas su.

C’est donc peu dire, Mesdames, Messieurs, que d’exprimer notre plus grande inquiétude sur la situation désespérée des ces populations, en majorité des personnes âgées, des femmes et des enfants, traqués jour et nuit par l’armée. Pour faire la lumière sur cette grave situation, qui ne saurait souffrir d'aucune controverse, la RDPL aurait pu démontrer sa bonne foi en permettant l'accès du pays aux observateurs indépendants.
Mais, comme par le passé, les dirigeants laotiens se contentent de nier l'existence de ces faits, et ces violences perdureront tant qu’il n’y aura pas de mécanisme de contrôle international indépendant sur le terrain et tant que la liberté, la démocratie et la réconciliation nationale ne seront pas réalisées dans ce pays.

2 – A côté de cette répression ethnique inacceptable, la campagne de répression religieuse n'a pas cessé au Laos. Des faits graves et répétés ont été signalés récemment encore: en décembre 2006 l'ordination d'un prêtre catholique a été interdite et le père Somphone VILAVONGSY n'a pu être ordonné que sept mois plus tard sous la pression internationale; les fêtes de Noël des chrétiens laotiens ont été endeuillées par le meurtre du Pasteur Aroun VORAPHOM dans la région de Paksane. A la mi-août, deux responsables chrétiens appartenant à une minorité ethnique, M. A-KOUAM et M. A-VIENG, ont été arrêtés pour la pratique de leur foi dans le district de Xépone, province de Savannakhet. L'arrestation de ces deux responsables auraient pour but "d'empêcher la propagation de la religion chrétienne, notamment auprès des minorités ethniques".
Harcèlements, pressions morales, menaces, violences, exclusions des villages sont le lot quotidien des chrétiens du Laos, qui doivent souvent renoncer par écrit à leur foi pour accéder à la fonction publique, la police, l'armée populaire ou la hiérarchie du Parti.

Le 15 septembre, le Département d'Etat américain a publié son rapport annuel sur situation de la liberté de croyance dans le monde. Le Laos est classé parmi les 20 pays qui continuent de "violer de façon significative" la liberté de croyance. Le rapport a souligné "l'intolérance" des autorités laotiennes à l'égard des religions minoritaires, en particulier à l'égard de l'Eglise chrétienne évangélique. Voici un extrait du rapport du Département d'Etat américain, je cite: "La Constitution garantit la liberté de croyance; toutefois, en pratique, le gouvernement restreint ce droit. Certains responsables gouvernementaux violent la liberté de croyance des citoyens. Il n'y a eu aucun changement en terme de respect de la liberté religieuse durant la période concernée par ce rapport". Fin de citation.
Et voici la réaction du porte-parole du ministère des Affaires étrangères lao, diffusée sur une radio internationale le 19 septembre, je cite: "Ce rapport est une ingérence dans les affaires intérieures (…) Sur l'ensemble du territoire du Laos, personne n'est détenue pour un motif religieux. Chaque fois que des allégations sont lancées à ce sujet par les mauvais gens, nous avons enquêté et nous avons interrogé l'administration locale. Et à chaque fois nous avons vu que les personnes en cause ont commis d'autres délits, sans lien avec la religion", fin de citation.
Evidemment les chrétiens arrêtés sont accusés de tous les maux: parfois pour détention de poison, parfois pour détention d'armes, parfois pour avoir créé des troubles à l'ordre public… Selon l'humeur et l'imagination bien fertile des responsables locaux…

3 – Le troisième dossier que le MLDH souhaite présenter ici c'est celui des leaders du "Mouvement Etudiant du 26 octobre". Le 26 octobre 1999 à Vientiane, cinq défenseurs des libertés et de la démocratie: Thongpaseuth KEUAKOUN, Seng-Aloun PHENGPHANH, Bouavanh CHANMANIVONG, et KEOCHAY, ainsi que d'autres jeunes responsables ont appelé à une marche pacifique d'étudiants, d'enseignants et de citoyens laotiens pour réclamer des réformes démocratiques et le respect de la liberté et des droits de l'Homme au Laos. Ce rassemblement de contestation, la première sous le régime communiste depuis 1975, a été réprimé dès son lancement et plus d'une centaine de participants ont été arrêtés.
Depuis, peu de nouvelles ont filtré sur le sort des cinq dirigeants étudiants, mis à part l'annonce du décès en prison de l'un d'entre eux Khamphouvieng SISA-AT, dont la mort en 2001 due aux privations et aux mauvais traitements n'a été connue qu'en 2004, grâce aux témoignages d'un ancien détenu.
Le 26 Octobre 2001, cinq militants du Parti Radical Transnationale parmi lesquels le député européen Olivier DUPUIS –dont le MLDH souhaite saluer à nouveau l'initiative-- ont organisé une manifestation pacifique à Vientiane pour marquer le 2ème anniversaire du "Mouvement du 26 Octobre", qui est devenu le symbole de lutte pour les démocrates laotiens à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
Personne n'a jamais pu rendre visite aux leaders de ce "Mouvement du 26 octobre". Quant au gouvernement Lao, il garde un silence embarrassé, refuse de répondre aux questions des différents gouvernements occidentaux. Le 26 octobre 2005, plus de 50 députés européens, de gauche comme de droite, ont écrit aux dirigeants du régime pour demander la libération des quatre leaders encore en vie. A ce jour, les députés européens attendent toujours la réponse…

4 - Nous sommes enfin vivement concernés par la situation des villageois laotiens déplacés par le gouvernement. Par souci de contrôle, principalement, des dizaines de milliers de Laotiens, en majorité issus des minorités ethniques, n'ont pas cessé d'être ballottés d'un endroit à l'autre au cours des vingt dernières années. Officiellement, le gouvernement de la RDPL explique ces déplacements massifs de la population comme étant l'application d'une politique de développement rural et de lutte contre la culture du pavot et contre la culture sur brûlis. Or, selon les organisations internationale de protection de l'environnement, il est de notoriété publique que ‘’les principaux responsables de la destruction des forêts primaires au cours des vingt dernières années ont été les entreprises d'exploitation du bois, dont la plus importante est contrôlée par l'armée depuis les années 80".

Ce programme de déplacements forcés touche entre autres, les Hmongs, Khmu, Lu, Yao, contraints de quitter les villages des montagnes et des hauts plateaux vers les plaines, se retrouvant confrontées à de graves difficultés d’adaptation, à des promesses d'assistance non tenues par les autorités, et à une disparition progressive de l’héritage ethnique et culturel. L’extrême dénuement, comme l’absence d’accès à l’éducation, à la santé, et aux informations sanitaires font aussi que les femmes et les mineures de ces populations déplacées le long des routes deviennent les proies faciles des réseaux de prostitution et les victimes innocentes du Sida et d'autres maladies sexuellement transmissibles.

A l'origine des déplacements massifs de populations, on trouve aussi des projets de barrages hydroélectriques. Le seul barrage de Nam Theun II – dont la construction en cours est soutenue par la Banque Mondiale, et dans lequel la France assume une part essentielle à travers l'engagement financier de l'entreprise publique EDF –, déplacera 6.000 villageois du Plateau de Nakai.

Voilà en quelques mots, Mesdames et Messieurs, les quatre préoccupations sur lesquelles le MLDH souhaite votre aide pour trouver des solutions immédiates, car il s'agit de la survie de dizaines de milliers de personnes.

Au-delà de ces graves problèmes, quelles perspectives de changements en République Démocratique Populaire Lao ?

Le 8ème Congrès du Parti Révolutionnaire Populaire Lao tenue en mars 2006, suivie des élections législatives anticipées fin avril et de la constitution d'un gouvernement en juin qui n'a de "nouveau" que le nom, n'ont pas été porteur d'espoir de vent libéral. On retrouve les mêmes au Politburo, et les "nouveaux venus" parmi les 55 membres du Comité Central du Parti sont le plus souvent des enfants des hauts dirigeants octogénaires contraints à la retraite. Si pour la première fois depuis 1975, le Premier ministre ne sort pas des rangs des "vieux révolutionnaires", il n'en est pas moins une ''créature'' du Parti siégeant au gouvernement depuis 1994, et programmé pour assurer la continuité du système.

C'est à nouveau un changement de chaises musicales entre les clans et les familles pour se partager le gâteau des commissions juteuses sur les investissements étrangers et des milliards de dollars d'aides gratuites de la communauté internationale, alors que le peuple laotien s'enfonce dans la pauvreté et le désespoir

Près de 31 ans après la prise de pouvoir du Parti communiste, le PIB atteint à peine 400 dollars par an et par habitant (plus de 75% vivent sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour), l'espérance de vie ne dépasse pas 55 ans, quatre Laotiens sur dix ne savent ni lire ni écrire, selon les dernières statistiques de la Banque Mondiale.
Au milieu d'une Asie en plein essor, le Laos, classé 135ème au classement de ''développement humain'', demeure un îlot de pauvreté. Début septembre, un rapport de la Banque Mondiale a classé le Laos parmi les 26 pays les plus ''fragiles'' du monde. Selon ce rapport, l'instabilité font de ces pays des "lieux propices pour le terrorisme, la production de drogues et le trafic illégal d'armes'. Ces pays sont aussi confrontés à "l'insécurité, une corruption à grande échelles, aux violations de la loi et à un faible niveau de développement", selon ce rapport.

Quant aux relations entre l'Union Européenne et la RDP Lao, elles s'appuient sur un Accord de Coopération, signé le 29 avril 1997. Cet accord cadre stipule dans son article premier que l'application du Traité est basée sur "le respect des principes démocratiques et les droits fondamentaux de l'Homme". Toutefois, force est de constater qu'en dépit de plusieurs résolutions votées depuis par le Parlement Européen et pointant l'absence de liberté et les graves violations des droits de l'Homme au Laos, la Commission de Bruxelles a choisi de poursuivre la coopération avec le régime de Vientiane. L'Union Européenne et ses pays membres sont devenus même les principaux contributeurs pour les quelque 500 millions de dollars "d'aides gratuites" dont la RDPL bénéficie chaque année pour boucler son budget.

Les démocrates laotiens n'ont jamais compris pourquoi l'Union Européenne, qui a maintenu des pressions légitimes sur la junte militaire en Birmanie, a totalement ignoré le comportement des dirigeants de la RDPL et l'absence flagrante de liberté et de démocratie au Laos.

La répression au Laos n'a pas de "visage", le peuple laotien n'a pas son Prix Nobel, "Aung San Suu Kyi", pour faire connaître au monde ses souffrances et ses détresses. Contrairement à la Birmanie, jamais, depuis 30 ans, l'opposition laotienne n'a pu prendre part aux élections, qui ont toujours été organisées "par et pour" le Parti unique au pouvoir.

Le Parlement Européen a adopté le 1er décembre 2005, à l'unanimité, une résolution appelant notamment aux réformes démocratiques au Laos et demandant aux autorités laotiennes de "concevoir et de mettre en oeuvre le plus rapidement possible toutes les réformes nécessaires pour démocratiser le pays, garantir l'expression pacifique de l'opposition politique et assurer la tenue rapide d'élections pluralistes sous contrôle international, en vue d'une réconciliation nationale".
Ce texte est resté "lettre morte" puisque le régime laotien a choisi d'avancer d'une année les élections législatives, en organisant le 30 avril 2006 des élections, contrôlées de A à Z par le Parti unique, depuis la sélection et la désignation des candidats jusqu´au comptage des bulletins et la proclamation des résultats.
Les résultats de ces élections "de pure forme" étaient sans surprise, carton plein pour le Parti: 115 élus sur 115 sièges, même si l'un des nouveaux députés n'avait pas encore sa carte du Parti. Au vu des résultats officiels, on reste sans voix, car la RDPL aurait battu tous les records en matière électorale: la participation a dépassé les 100% puisque "2.819.904 bulletins ont été enregistrés pour 2.819.580 électeurs inscrits" et seuls 147 bulletins nuls ont été enregistrés dans tout le pays, selon l'annonce faite par le président de la "commission électorale nationale" Samane VIGNAKETH, numéro 2 du régime et président sortant de l'Assemblée nationale ...

De cette farce électorale, dont le seul but était de permettre au régime totalitaire de vanter sa légitimité auprès des donateurs et de la communauté internationale, les grands perdants sont évidemment la démocratie, la liberté et le peuple laotien. Un peuple sous contrôle qui ne peut choisir que sur une liste préétabli par le Parti, un peuple que le régime a obligé à aller voter avec un bulletin unique dans la main.

Dans cette partie du monde où les dictatures en Birmanie, au Vietnam et au Laos font tâche, le récent coup d'Etat en Thaïlande nous rappelle que la démocratie est encore bien fragile en Asie du Sud Est, et que le rôle de l'ASEAN, comme celui de la communauté internationale semblent plus que jamais fondamental et déterminant.


De cette tribune, le MLDH lance un appel pressant à la communauté internationale -- à l´Union Européenne et ses 25 Etats membres, à l´ONU et aux Etats-Unis, et à tous les ONG représentées dans cette salle -- en leur demandant de contraindre le gouvernement de la RDPL à respecter pleinement les droits de l'Homme, à arrêter toutes répressions ethniques et religieuses, et à rendre le pouvoir au peuple laotien afin qu'il puisse choisir librement ses dirigeants, selon un système multipartite.

Mouvement Lao pour les droits de l'Homme (MLDH)
Lao Movement for Human Rights (LMHR)
9, rue Bazard - 77200, Torcy, France - Phone/fax : 33 (0) 1 60 06 57 06


Genève, 27 Septembre 2006