«Rendez le corps» de Maskhadov


Liberation

Un Jordanien d'origine tchétchène tient le portrait d'Aslan Maskhadov, l'ex-président indépendantiste de Tchétchénie, devant le bureau des Nations Unies à Amman (Jordanie). Les autorités de Moscou refusent de rendre le corps de Maskhadov, tué par l'armée russe la semaine dernière, à sa famille. Pour Moscou, le seul président élu de la petite république du Caucase est un «terroriste international», et sa dépouille, selon la loi antiterroriste russe, doit être enterrée secrètement. «Nous jugeons honteux le refus de transmettre les restes du défunt à sa famille pour les funérailles», ont réagi lundi dans un communiqué commun trois organisations russes de défense des droits de l'Homme. Le fils et la femme du leader tchétchène ont envoyé une lettre aux chefs d'Etat occidentaux pour qu'ils fassent pression sur le président Vladimir Poutine.

Dans l'après-midi, les militaires russes ont fait sauté à l'explosif la maison dans laquelle Maskhadov avait été tué, indique l'AFP, citant une source anonyme au sein de l'administration tchétchène pro-russe. L'explosion était si puissante que la maison voisine a été endommagée. De l'autre côté de la rue, les fenêtres d'une école du village de Tolstoï-Iourt, au nord de la capitale Grozny,se sont brisées et son toit a été abîmé, a raconté le responsable.