«Le ferrailleur»

M. Ka.
La Dernière Heure

Les témoins de moralité de Michelle Martin ont aussi leur avis sur le principal accusé

ARLON
Parmi les voisins, ou les anciens camarades de classe qui sont venus témoigner dans le volet moralité de Michelle Martin, beaucoup ont rencontré ou entendu parler de Marc Dutroux.

Marie-Line Craenembrouck, la voisine et amie d'enfance de Martin, en a entendu parler par sa mère Henriette Puers. Celle-ci lui disait que «ce n'était pas un garçon pour elle». Si une mère est rarement objective pour cela, force est de constater que dans le cas présent, elle avait raison.

A en croire les témoins, Marc Dutroux a exercé une influence plus que néfaste sur Michelle Martin, on le sait, mais surtout, partout où il passait, il laissait une impression qui était loin de l'indifférence.

Les camarades qui formaient une chouette bande à l'école normale de Nivelles se sont un soir retrouvés chez l'un d'entre eux. Michelle Martin est venue avec son compagnon de l'époque qui n'était autre que Marc Dutroux. Il a laissé le souvenir d'un personnage agaçant, imbu de lui-même, impoli et très obsédé par l'argent.

A l'une des amies de Martin qui avait acheté une nouvelle voiture il a dit: «Je n'achèterais jamais une nouvelle voiture, c'est comme si je roulais sur mon portefeuille». En quittant la soirée, tout le monde se souvient que Dutroux et Martin sont partis en trombe au volant de leur voiture en faisaint rugir le moteur, crisser les pneus et hurler la sono. Car Marc Dutroux a une époque était féru d'installation hi-fi. Dans son habitation de l'époque, il avait tout un pan de mur couvert d'une installation impressionnante pour l'époque.

Si au début de leur installation quelque part le couple Martin-Dutroux semblait normal, très rapidement, les voisins se rendaient compte de qui était vraiment Marc Dutroux. Dans le quartier de la route de Philippeville à Marcinelle, «on l'appelait le ferrailleur», explique Eliane Baily. Quand il voyait un objet qui lui plaisait chez quelqu'un, il se faisait fort de le revendre pour un bon prix.

Mais Dutroux s'était déjà fait remarquer dans les années 80. A l'époque où il vivait à Goutroux avec sa première femme d'abord et avec Michelle Martin ensuite. «Il voulait faire ménage à trois. Il trouvait ça bien», indique une autre voisine de l'époque. Face au refus des deux jeunes femmes, Dutroux a jeté son dévolu sur Martin à qui il a fait un enfant.

Lors de cette grossesse, Michelle Martin s'est plainte de ses douleurs à cette même voisine qui lorsqu'elle lui a conseillé d'aller chez le gynécologue s'est entendue répondre: «Mais c'est lui mon gynécologue».

Il surveillait ainsi la moindre prise de poids de celle qui allait devenir son épouse. «Pas plus de huit kilos, ça ne sert à rien!»