Le drame de Beslan fait voler en éclats les quelques acquis politiques de Vladimir Poutine
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Assaut programmé ou enchaînement spontané ? Le dénouement tragique de la prise d'otages des écoliers de Beslan, en Ossétie du Nord, s'annonce lourd de conséquences pour Vladimir Poutine, dont les principaux acquis politiques -la stabilité tant vantée et l'intransigeance, présentée comme payante, sur le dossier tchétchène- viennent de voler en éclats, alors que la Russie a connu quatre attaques terroristes en dix jours.
Tout comme ce fut le cas lors de la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka qui fit 130 morts à Moscou en octobre 2002, l'assaut sur l'école de Beslan a eu lieu moins de vingt-quatre heures après une même déclaration du président russe : "L'essentiel est de sauver la vie et de protéger la santé des otages." Cette fois-ci, le bilan des victimes est beaucoup plus lourd encore : des témoins avancent le chiffre de 500 morts. Mais qui songera à en blâmer les autorités ?
Le fait que le commando ait pris pour cible des écoliers, les images insoutenables des cadavres de ces enfants dont la vie a basculé un jour de rentrée des classes vont davantage contribuer au renforcement de la haine envers les Tchétchènes qu'à une remise en cause de la politique du Kremlin dans la région. L'enjeu est de taille quand on sait l'état de délitement avancé et les tensions qui agitent les marches sud de la Russie où la gangrène du conflit en cours depuis six ans se propage lentement. Mais qui, dans une société privée d'opposition, où les médias sont sous contrôle, osera dire l'évidence ? Que la guerre en Tchétchénie ne fait que préparer le terreau du terrorisme, un mal que le président russe prétend combattre.
A l'inverse, des voix s'élèvent aujourd'hui en Russie qui réclament un nouveau tour de vis, sur fond du traumatisme causé par les attentats, comme furent adoptés, au lendemain de l'assassinat de Kirov en 1930, les décrets qui allaient ouvrir la voie à la période des purges. "Les attaques ont montré notre vulnérabilité. Il nous faut restructurer nos services secrets, nous en avons les moyens. (...) Le président doit s'en charger", a expliqué Vladimir Ryjkov, député du parti présidentiel à la Douma. "C'est la guerre", a tonné Boris Gryzlov, le porte-parole de la Chambre basse du Parlement. Selon lui, de nouvelles lois, concoctées par le FSB (ex-KGB), le ministère de l'intérieur et celui de la justice, vont être votées en urgence dans les jours qui viennent. La population russe "peut se préparer à vivre des moments difficiles", a ajouté le député Vladimir Vasiliev.
L'OPTION DE LA FORCE
Avant l'assaut "non prémédité" sur l'école de Beslan, l'option de la force était clairement privilégiée. "Nous nous attendons à ce que le président fasse usage de la force car sinon c'est le fondement même de sa réputation politique d'homme à poigne, opposé au dialogue avec des criminels, qui sera érodé. Cela pourrait conduire à une perte de moral pour nos troupes fédérales, à la déstabilisation de la région, à la perte de l'autorité russe", expliquait un analyste de l'agence Itar Tass. Selon Mikhaïl Marguelov, chargé des affaires internationales à la Douma, "les services de sécurité doivent agir, c'est à eux de le faire. Ils se sont bien tirés d'affaire lors de la prise d'otages du théâtre, même s'ils ont dû essuyer des tas de critiques par la suite."
Pour la plupart des hommes politiques et des commentateurs russes, l'essentiel était de ne pas négocier, d'éviter "une nouvelle honte du genre de celle Boudennovsk ou de Pervomaïskoe", lorsque le gouvernement de Boris Eltsine avait, lors de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), choisi de négocier avec les preneurs d'otages. A l'heure qu'il est, ni le drame de l'école ni l'impéritie de la politique menée dans le Caucase ne réussiront, semble-t-il, à ébranler l'autorité du locataire du Kremlin. Pourtant, la vague d'attaques intervient à un mauvais moment pour lui.
A l'aube de son second mandat, la côte de popularité du président a baissé (- 20 %) ces derniers mois. La guerre en Tchétchénie, vue comme un événement marginal par la plupart des Russes, n'y est pour rien. En revanche, la crise bancaire de juin, la suppression en août des privilèges accordés depuis l'époque soviétique aux retraités et aux défavorisés, l'inflation qui érode le pouvoir d'achat d'une population à bout de souffle et aujourd'hui l'insécurité mettent à mal son image sur la scène intérieure.
Quelle importance ? Dans un pays dépourvu de société civile, où les "hommes en épaulettes" - les anciens du KGB - sont omniprésents à tous les échelons du secteur économique et de l'appareil de l'Etat, imaginer une remise en question du pouvoir par la base est fantaisiste. Fidèle à une tradition fortement ancrée depuis les tsars, selon laquelle celui qui gouverne n'a pas à rendre de compte, il y a fort à parier qu'aucun responsable ne sera démis de ses fonctions, malgré les failles révélées par les attentats en matière de sécurité, malgré les mensonges.
Car les autorités ont menti, sur le nombre des otages dans l'école : ils étaient plus de 1 000 et non 300, sur les catastrophes aériennes du 24 août présentées de prime abord comme des accidents survenus à cause d'un mauvais carburant puis devenues le fait d'Al-Qaida, comme l'a expliqué Vladimir Poutine à ses homologues français et allemands venus le congratuler à Sotchi au lendemain d'une parodie d'élection présidentielle en Tchétchénie.
Incontestablement, la Russie se trouve à un moment crucial de son histoire post-soviétique. Des forces influentes dans les couloirs de l'administration présidentielle poussent en faveur d'un durcissement, laissant supposer que la ligne actuelle poursuivie par le maître du Kremlin est trop molle.
Dans un rapport émis au début du mois d'août, le Conseil national pour la stratégie, un organe consultatif près la présidence, après avoir énuméré les pas à accomplir pour aller vers "la nouvelle grandeur de la Russie", se fend de quelques conseils à l'intention de Vladimir Poutine. L'ancien lieutenant-colonel du KGB doit cesser de se poser en "manager efficace" pour endosser le costume de "leader national". Le rapport le presse de sortir de sa réserve pour devenir "l'inspiration du rêve russe, l'incarnation de la nouvelle mission historique du pays". Le doute surgit. Pour le moment, il est admis que Vladimir Poutine tient les "siloviki", ces hommes issus du KGB qu'il a placés à tous les échelons du pouvoir. Et si c'était l'inverse ? Et si les hommes en épaulettes tenaient le président ?
Gli iscritti e contribuenti 2012
| FRANCESCA T. MILANO | 200 euro |
| EUFEMIA T. MUGGIO' | 200 euro |
| AMBROGIO S. CASSINA DE' PECCHI | 200 euro |
| PIER PAOLO S. FROSINONE | 200 euro |
| DAVIDE R. MILANO | 200 euro |
| LORENA P. MONZA | 200 euro |
| DAVIDE L. MANTOVA | 200 euro |
| PAOLO G. ROMA | 200 euro |
| MARTA G. ROMA | 200 euro |
| ANNA MARIA D. ROMA | 200 euro |
| Total SUM | 397.572 euro |










