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La crainte d'attentats et l'affaire Ioukos empoisonnent le climat politique
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Les "oligarques" et le Kremlin se livrent une sourde bataille à l'approche des élections du 7 décembre à la Douma.
Moscou de notre correspondante. Pour les touristes, le signe le plus évident de la tension, non avouée, qui règne dans les cercles du pouvoir à Moscou est bien la fermeture, depuis le début de l'été, de la place Rouge aux visiteurs. Seul un petit couloir, le long du magasin Goum, vers les bulbes multicolores de l'église Saint-Basile a été aménagé. La foule, qui ne peut pénétrer dans l'enceinte du Kremlin qu'encadrée par un guide, est tenue à l'écart.
Depuis mai, les attentats à l'explosif en Russie, hors du territoire de la Tchétchénie, ont fait plus de 150 morts. Le souvenir des bombes déclenchées par deux femmes tchétchènes lors d'un concert de rock sur un aérodrome de Moscou, en juillet (18 morts), reste vif. Dans des régions du sud de la Russie, une affichette, rédigée par le ministère de l'intérieur, a fait son apparition dans des halls d'hôtel : "Comment reconnaître une femme kamikaze." Réponses : à son "regard fuyant", à sa "nervosité évidente", à "la position de ses mains sur son ventre, pour dissimuler la ceinture d'explosifs", à son habillement "qui ne correspond pas à la saison" et en "gardant à l'esprit que tout terroriste, homme ou femme, a pour but de s'approcher du plus grand rassemblement de personnes".
Les quatrièmes élections législatives dans la Russie post-soviétique, et les premières à se tenir sous la présidence de Vladimir Poutine, auront lieu le 7 décembre, selon l'oukase présidentiel signé début septembre. Elles se préparent dans un climat détérioré, où des tensions ont été ravivées par "l'affaire Ioukos" qui, déclenchée cet été, continue d'alimenter la chronique. Le parquet russe n'a pas relâché sa pression sur ce groupe pétrolier dirigé par l'homme le plus riche de Russie, Mikhaïl Khodorkovski, âgé de 40 ans. Il a décidé de maintenir en prison, jusqu'à la fin octobre, un bras droit de cet "oligarque", Platon Lebedev, qui en tant que responsable du holding Menatep, qui coiffe Ioukos, en sait long sur les finances du groupe.
Chacun s'interroge sur les buts poursuivis par le pouvoir dans cette affaire, mais beaucoup conviennent que M. Lebedev, retenu à la prison Lefortovo du FSB (l'ex-KGB), serait de fait pris en otage en attendant que son patron fasse certaines concessions.
Lesquelles ? Les interprétations varient. Il pourrait s'agir de la cession d'une partie de l'empire pétrolier Ioukos à des groupes proches des services secrets et de l'entourage "saint-pétersbourgeois" de M. Poutine, avides de prendre leur revanche après avoir raté le coche des privatisations dans les années 1990. Dans ce cas, il s'agit d'une lutte de clans économiques autour d'une cible précise (Ioukos), et de la progressive "relève" de structures liées à la "famille" Eltsine. Cela permettrait à Vladimir Poutine de poser des jalons en vue d'un deuxième mandat présidentiel, à partir de 2004.
Autre hypothèse : la Russie est entrée dans une phase de "restauration" impliquant une progressive révision des privatisations menées sous Boris Eltsine, et un retour en force de l'Etat dans des pans entiers de l'économie accordés à bas prix, dans les années 1990, à une poignée de banquiers proches du Kremlin.
Mikhaïl Khodorkovski, qui était l'un d'eux, ne baisse pas la garde, comme l'a indiqué une récente vente d'actions qui lui a permis d'empocher 1,3 milliard de dollars en liquide, se constituant ainsi une importante caisse en vue des légis- latives. "L'affaire Ioukos n'est pas terminée", glisse, avec un brin d'inquiétude, un banquier occidental présent en Russie depuis sept ans. Ioukos a ostensiblement placé certains de ses représentants sur des listes électorales, en misant à la fois sur le parti libéral Iabloko et sur le Parti communiste, réputé pour la corruption de ses élus et qui a appuyé en vain, début septembre, une demande de motion à la Douma en vue d'une "révision des privatisations". Le texte demandait aussi le "limogeage" d'Anatoli Tchoubaïs, père des privatisations russes, de son poste de directeur de la compagnie nationale d'électricité.
Signe supplémentaire que les grands groupes économiques russes se positionnent pour investir la Douma, Anatoli Tchoubaïs s'est placé dans le trio de tête de la liste électorale de l'autre parti libéral russe, l'Union des forces de droite, qui a récemment tenu son congrès, sous haute garde armée, dans un centre musical à Moscou.
Interrogé par la presse à cette occasion, M. Tchoubaïs a demandé au "pouvoir dans ce pays de dire clairement quelle est sa position" concernant la pérennité des privatisations. "Et je veux dire le pouvoir au plus haut niveau, je veux dire Vladimir Vladimirovitch Poutine", a-t-il ajouté, dans une rare démonstration publique de défiance à l'égard du président russe.
Un "oligarque" proche du maire de Moscou, Vladimir Evtouchenko, a pour sa part été le premier à se désolidariser publiquement du groupe Ioukos, frappé par huit enquêtes judiciaires allant d'accusations de "malversation" à celle de "meurtre". Pour lui, Mikhaïl Khodorkovski a commis des "erreurs" et il est "inacceptable que le business marche sur les prérogatives du pouvoir politique". Mikhaïl Khodorkovski a annoncé qu'en 2007 il se retirerait de la gestion de son groupe : ses propos ont été interprétés comme la preuve de ses ambitions présidentielles pour 2008.
D'autres "oligarques" proches des cercles eltsiniens, comme Roman Abramovitch, affichent une volonté de diversifier leurs activités hors de Russie, comme pour se mettre à l'abri des foudres de l'administration et des "structures de force" (les ministères chargés de l'ordre public). "Il est en train de vendre sa compagnie pétrolière en Sibérie", confie le représentant d'une "major" pétrolière internationale à Moscou.
Est-ce pour autant le signe d'un retrait ? "Personne ne connaît l'exacte imbrication des grands groupes russes entre eux", dit le jeune patron russe d'un fonds d'investissement à Moscou, où les gains boursiers ont repris, avant d'ajouter : "Les oligarques sont présents là où on ne le sait pas forcément." Selon une étude réalisée par une banque occidentale, le groupe financier Alfa, de l'oligarque Mikhaïl Fridman, discret et silencieux sur la scène politique russe, ne contrôlerait pas moins de 60 députés (sur 450) dans la Douma sortante.
Moscou de notre correspondante. Pour les touristes, le signe le plus évident de la tension, non avouée, qui règne dans les cercles du pouvoir à Moscou est bien la fermeture, depuis le début de l'été, de la place Rouge aux visiteurs. Seul un petit couloir, le long du magasin Goum, vers les bulbes multicolores de l'église Saint-Basile a été aménagé. La foule, qui ne peut pénétrer dans l'enceinte du Kremlin qu'encadrée par un guide, est tenue à l'écart.
Depuis mai, les attentats à l'explosif en Russie, hors du territoire de la Tchétchénie, ont fait plus de 150 morts. Le souvenir des bombes déclenchées par deux femmes tchétchènes lors d'un concert de rock sur un aérodrome de Moscou, en juillet (18 morts), reste vif. Dans des régions du sud de la Russie, une affichette, rédigée par le ministère de l'intérieur, a fait son apparition dans des halls d'hôtel : "Comment reconnaître une femme kamikaze." Réponses : à son "regard fuyant", à sa "nervosité évidente", à "la position de ses mains sur son ventre, pour dissimuler la ceinture d'explosifs", à son habillement "qui ne correspond pas à la saison" et en "gardant à l'esprit que tout terroriste, homme ou femme, a pour but de s'approcher du plus grand rassemblement de personnes".
Les quatrièmes élections législatives dans la Russie post-soviétique, et les premières à se tenir sous la présidence de Vladimir Poutine, auront lieu le 7 décembre, selon l'oukase présidentiel signé début septembre. Elles se préparent dans un climat détérioré, où des tensions ont été ravivées par "l'affaire Ioukos" qui, déclenchée cet été, continue d'alimenter la chronique. Le parquet russe n'a pas relâché sa pression sur ce groupe pétrolier dirigé par l'homme le plus riche de Russie, Mikhaïl Khodorkovski, âgé de 40 ans. Il a décidé de maintenir en prison, jusqu'à la fin octobre, un bras droit de cet "oligarque", Platon Lebedev, qui en tant que responsable du holding Menatep, qui coiffe Ioukos, en sait long sur les finances du groupe.
Chacun s'interroge sur les buts poursuivis par le pouvoir dans cette affaire, mais beaucoup conviennent que M. Lebedev, retenu à la prison Lefortovo du FSB (l'ex-KGB), serait de fait pris en otage en attendant que son patron fasse certaines concessions.
Lesquelles ? Les interprétations varient. Il pourrait s'agir de la cession d'une partie de l'empire pétrolier Ioukos à des groupes proches des services secrets et de l'entourage "saint-pétersbourgeois" de M. Poutine, avides de prendre leur revanche après avoir raté le coche des privatisations dans les années 1990. Dans ce cas, il s'agit d'une lutte de clans économiques autour d'une cible précise (Ioukos), et de la progressive "relève" de structures liées à la "famille" Eltsine. Cela permettrait à Vladimir Poutine de poser des jalons en vue d'un deuxième mandat présidentiel, à partir de 2004.
Autre hypothèse : la Russie est entrée dans une phase de "restauration" impliquant une progressive révision des privatisations menées sous Boris Eltsine, et un retour en force de l'Etat dans des pans entiers de l'économie accordés à bas prix, dans les années 1990, à une poignée de banquiers proches du Kremlin.
Mikhaïl Khodorkovski, qui était l'un d'eux, ne baisse pas la garde, comme l'a indiqué une récente vente d'actions qui lui a permis d'empocher 1,3 milliard de dollars en liquide, se constituant ainsi une importante caisse en vue des légis- latives. "L'affaire Ioukos n'est pas terminée", glisse, avec un brin d'inquiétude, un banquier occidental présent en Russie depuis sept ans. Ioukos a ostensiblement placé certains de ses représentants sur des listes électorales, en misant à la fois sur le parti libéral Iabloko et sur le Parti communiste, réputé pour la corruption de ses élus et qui a appuyé en vain, début septembre, une demande de motion à la Douma en vue d'une "révision des privatisations". Le texte demandait aussi le "limogeage" d'Anatoli Tchoubaïs, père des privatisations russes, de son poste de directeur de la compagnie nationale d'électricité.
Signe supplémentaire que les grands groupes économiques russes se positionnent pour investir la Douma, Anatoli Tchoubaïs s'est placé dans le trio de tête de la liste électorale de l'autre parti libéral russe, l'Union des forces de droite, qui a récemment tenu son congrès, sous haute garde armée, dans un centre musical à Moscou.
Interrogé par la presse à cette occasion, M. Tchoubaïs a demandé au "pouvoir dans ce pays de dire clairement quelle est sa position" concernant la pérennité des privatisations. "Et je veux dire le pouvoir au plus haut niveau, je veux dire Vladimir Vladimirovitch Poutine", a-t-il ajouté, dans une rare démonstration publique de défiance à l'égard du président russe.
Un "oligarque" proche du maire de Moscou, Vladimir Evtouchenko, a pour sa part été le premier à se désolidariser publiquement du groupe Ioukos, frappé par huit enquêtes judiciaires allant d'accusations de "malversation" à celle de "meurtre". Pour lui, Mikhaïl Khodorkovski a commis des "erreurs" et il est "inacceptable que le business marche sur les prérogatives du pouvoir politique". Mikhaïl Khodorkovski a annoncé qu'en 2007 il se retirerait de la gestion de son groupe : ses propos ont été interprétés comme la preuve de ses ambitions présidentielles pour 2008.
D'autres "oligarques" proches des cercles eltsiniens, comme Roman Abramovitch, affichent une volonté de diversifier leurs activités hors de Russie, comme pour se mettre à l'abri des foudres de l'administration et des "structures de force" (les ministères chargés de l'ordre public). "Il est en train de vendre sa compagnie pétrolière en Sibérie", confie le représentant d'une "major" pétrolière internationale à Moscou.
Est-ce pour autant le signe d'un retrait ? "Personne ne connaît l'exacte imbrication des grands groupes russes entre eux", dit le jeune patron russe d'un fonds d'investissement à Moscou, où les gains boursiers ont repris, avant d'ajouter : "Les oligarques sont présents là où on ne le sait pas forcément." Selon une étude réalisée par une banque occidentale, le groupe financier Alfa, de l'oligarque Mikhaïl Fridman, discret et silencieux sur la scène politique russe, ne contrôlerait pas moins de 60 députés (sur 450) dans la Douma sortante.
Members and contributors 2013
| Giuseppe R. Roma | 590 € |
| Salvatore P. Capistrello | 200 € |
| Giancarlo B. Torino | 30 € |
| Marco B. Merano | 20 € |
| Davide B. Prato | 50 € |
| Giuseppe P. Grottammare | 50 € |
| Maurizio T. Roma | 1.000 € |
| Rosa A. Firenze | 590 € |
| Giuliano G. Sondrio | 590 € |
| Sergio Pasquale R. Cremona | 500 € |
| Total SUM | 326.746 € |










