Bruxelles, le 11 juillet 2003. Alors que les journalistes Thierry Falise, Vincent Reynaud et leur interprète Naw Karl Mua ont été libérés, leurs accompagnateurs laotiens, condamnés à des peines de 12 à 20 ans de prison, sont toujours détenus. Par ailleurs, ni l’Union européenne ni la France et la Belgique ne semblent vouloir remettre en cause leur politique de coopération avec le Laos à la suite de cette affaire.
Déclaration d'Olivier Dupuis, député européen, radical:
« Les journalistes Vincent Reynaud et Thierry Falise ainsi que leur interprète lao-américain Naw Karl Mua ont été libérés. Bonne nouvelle. Très bonne nouvelle. En premier lieu pour les intéressés et pour leurs familles qui ont vécu cinq semaines extrêmement difficiles, au prise avec un régime où le mot Etat de Droit ne signifie absolument rien. Pour d’autres personnes, des Laotiens, et pour leurs familles, la tragédie continue. Trois des quatre Laotiens qui accompagnaient les journalistes sont toujours détenus et condamnés à de lourdes peines allant de 12 à 20 ans de prison. Pour le quatrième dont les autorités laotiennes n'ont jamais voulu révéler l'identité, on peut craindre le pire, autrement dit qu'il soit mort sous les tortures immédiatement après son arrestation.
Première question. L’Union européenne, la France, les Etats-Unis et la Belgique sauront-ils continuer à exercer toute la pression nécessaire sur les autorités laotiennes pour obtenir la libération des accompagnateurs laotiens Tho Moua, Pa Fu Khang et Va Cha Yang ? Sauront-ils exercer finalement les pressions nécessaires pour que les cinq leaders étudiants du Mouvement du 26 octobre, disparus depuis octobre 1999, soient libérés ? Et pour que soient libérés tous les prisonniers d’opinion ?
Deuxième question. L'UE, les Etats-Unis, la France et la Belgique sauront-ils tirer les conclusions qui s’imposent quant à la véritable nature de ce régime dictatorial, mafieux et criminel ? L’UE et ses Etats-membres sauront-ils prendre l’exacte mesure de l’apport en terme de légitimité que représente leur politique actuelle de coopération au développement pour le régime dictatorial de Vientiane? L’UE et ses Etats-membres sauront-ils reconnaître que cette politique n’a absolument aucune incidence sur le développement économique d’un pays miné par la corruption, la bureaucratie, la répression, l’absence de liberté ? L’UE et ses Etats-membres sauront-ils reconnaître que cette politique ne fait que renforcer les éléments les plus conservateurs du régime, ceux-là mêmes qui ont tout intérêt à maintenir le statut-quo parce que celui-ci leur permet de gérer en toute tranquillité leurs affaires de racket d’entrepreneurs locaux et occidentaux, leurs trafics de drogue, de bois précieux, de diamants, ... ou de journalistes ? L’UE et ses Etats-membres auront-ils la force d’interrompre tous les programmes de coopération technique et, en particulier, TOUT financement ou co-financement à des organisations européennes réalisant des micro-projets dans les secteurs agricole, sanitaire, ... et qui, comme OXFAM, soutiennent ouvertement le régime dictatorial laotien ?
Troisième question. L’UE et ses Etats-membres sauront-ils définir, dans le cadre de la PESC, une politique commune à l’égard du Laos qui fasse de la question de l’établissement d’un Etat de Droit et de la Démocratie au Laos, la priorité des priorités de leur action ? En particulier l’UE et ses Etats-membres auront-ils la force de concentrer TOUTES leurs ressources politiques et financières sur des projets visant à la réalisation de réformes démocratiques concrètes (indépendance du judiciaire, réforme du code pénal, création d’un barreau indépendant, réforme du code pénal, liberté de la presse, privatisation des terres et des entreprises d’Etat, création de chambres de commerce indépendantes, financement d'une université indépendante et en particulier d'une faculté de droit,… ) ? »
www.radicalparty.org