Interview de Maskhadov : le journal russe Kommersant a reçu un avertissement


AFP

Le journal russe d'opposition Kommersant a annoncé jeudi avoir reçu un avertissement officiel pour avoir publié une interview du leader indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov.

"La rédaction de Kommersant a finalement reçu mardi un avertissement officiel du service fédéral russe de surveillance de l'application de la législation sur les médias", annonce le quotidien libéral, qui appartient au milliardaire en exil Boris Berezovski, en délicatesse avec le Kremlin.

Le 9 février, cette administration avait annoncé qu'elle s'apprêtait à envoyer un avertissement pour infraction à la "loi sur la lutte contre le terrorisme", au surlendemain de la publication d'un entretien avec Aslan Maskhadov - considéré comme un "terroriste" par Moscou - dans lequel il souhaitait l'ouverture de négociations pour mettre fin à la guerre en Tchétchénie.

L'entretien en question "contient une information justifiant et présentant comme indispensable une activité extrémiste", écrit Boris Boïarskov, le chef du service de surveillance, dans cette lettre dont le journal publie des extraits.

"Ils n'ont pas respecté deux lois: celle 'sur les médias' selon laquelle on ne peut utiliser les médias à des fins extrémistes, et l'autre 'sur la lutte contre les activités extrémistes' adoptée en 2002 selon laquelle on ne peut pas diffuser des informations qui justifient des activités extrémistes", a précisé à l'AFP Evgueni Streltchik, porte-parole du service de surveillance.

"Cette loi vise notamment à empêcher de donner la parole aux terroristes", a-t-il ajouté.

"La rédaction n'est pas d'accord avec une telle interprétation du contenu de l'interview par ce membre de l'administration et va contester cet avertissement devant la justice", réplique quant à lui Kommersant.

Le service fédéral russe de surveillance de l'application de la législation des médias a averti que si Kommersant recevait un deuxième avertissement dans le courant de l'année, l'ensemble du dossier serait transmis à la justice russe qui déciderait des mesures à prendre.