J'ai cru aux Khmers rouges

de Ong Thong Hoeung

Editions Buchet/Chastel, Septembre 2003
En avril 1975, les Khmers rouges prenaient le pouvoir à Phnom Penh.

Nombreux furent ceux qui applaudirent alors. Parmi eux, des Cambodgiens expatriés en France ou aux Etats-Unis, étudiants, intellectuels, anciens fonctionnaires ou militaires? Ong Thong Hoeung étaient un de ceux-là.

En juillet 1976, il quitte Paris, où il suivait des études, pour rentrer au pays. Comme la plupart de ces amis, « progressiste », mais pas communiste, il espère alors pouvoir se mettre au service d'un pays libéré. Mais à leur arrivée, les « étrangers » sont aussitôt dirigés vers un camp de rééducation. Le rêve tourne au cauchemar. C'est le récit bouleversant de cette traversée de l'enfer que l'on lira ici.

Beaucoup de ceux qui firent ce « voyage de retour »sont morts. Ong Thong Hoeung et sa femme ont survécu. C'est dans un camp qu'est né, dans des conditions terrifiantes, leur premier enfant.

La plupart de ceux qui en sont « revenus » ont le plus souvent gardé le silence ou considéré que la fatalité s'était abattue sur eux, comme sur le Cambodge. Avec ce Retour sur une illusion, Ong Thong Hoeung, va beaucoup plus loin. Il reconnaît s'être trompé et montre comment même dans les camps, en dépit des souffrances qu'ils enduraient, lui et ses compagnons ont encore voulu « y croire ». Presque jusqu'à la fin.

Un témoignage exceptionnel sur la folie idéologique et l'aveuglement qui peuvent s'emparer de tout un chacun, avec les meilleures intentions du monde.

Une pièce considérable à verser au dossier du futur procès des Khmers rouges qui devrait enfin s'ouvrir au Cambodge, près de trente ans après leur règne criminel.

Ong Thong Hoeung est né au Cambodge en 1945, dans une famille paysanne de classe moyenne. Il arrive à Paris en 1965, pour suivre des études économie politique. En 1970, il rejoint le Front uni national du Kampuchéa, constitué à l'appel du prince Sihanouk, après le coup d'Etat de Lon Nol.

Rentre dans son pays en juillet 1976, il connaît les « camps de rééducation, jusqu'à la défaite des Khmers rouges, en 1979. Pendant cette période, les deux tiers des membres de sa famille trouveront la mort.

De juin à octobre 1979, il travaille comme archivistes au musée de Tuol Sleng, lieu de détention, de torture et d'extermination sous le régime de Pol Pot.

Il arrive en Belgique en 1982, et s'installe définitivement à Bruxelles.


Titre: J'ai cru aux Khmers rouges
Auteur: Ong Thong Hoeung
Publié par les Editions Buchet/Chastel, Paris, France
ISBN: 2-283-01936-2
Diffusion Seuil
Photo de couverture : © Bettmann/CORBIS
En librairie le 5 septembre 2003