Marie-Noëlle Bouzet: "Je suis une survivante"
Télémoustique du samedi 16 décembre 2000 - propos receuillis par Sergio Carrozzo et Michèle Danis

Le 20 décembre 1989, Elisabeth Brichet disparaissait. Après onze ans de recherche, sa mère, Marie-Noëlle Bouzet ne croit plus que l'on suara un jour la vérité.
Amère mais lucide, elle nous explique aussi pourqoui, à ses yeux, les espoirs suscités par la "Marche blanche" ont également vécu.

Après onze années d'enquête, à quelles conclusions parvenez-vous?
Marie-Noëlle Bouzet
- Je me suis déjà étendue sur le sujet. II y a sans doute des erreurs qui ont été commises. En onze ans, il y a peut-être aussi des comportements délictueux qui ont pu se répéter. Et il y a peut- être moyen de travailler sur ces pistes. Quelqu'un qui aurait pu enlever Elisabeth aurait pu avoir commis, depuis lors, d'autres faits semblables.

Pourquoi, par moments, ces tensions avec Ies enquêteurs?
M.-N. B.
- Mes rapports avec certains enquêteurs n'ont jamais été tendus. J'en veux pour preuve que I'un d'eux occupe une place particulière pour moi car il était là le 20 décembre 1989 à minuit. II était venu spontanément suite à un message radio et il est toujours dans l'enquête. Je n'ai jamais eu de problème avec lui ni avec d'autres. Les enquêteurs avec qui je n'ai jamais eu le moindre problème sont plus nombreux que ceux avec qui j'en ai eu. Je comprends très bien les difficultés auxquelles ils doivent faire face, dans le traitement d'une enquête. Entre-temps, le droit a évolué. La loi Franchimont a donné une petite ouverture aux victimes sur le dossier d'instruction. Elle a par ailleurs aussi protégé un peu plus I'inculpé qui, maintenant, a la possibilité de se taire, de mentir. Il a des droits qui font en sorte qu'il est complexe d'atteindre la preuve juridique.

Pensez-vous que la justice a remonté toutes les pistes?
M.-N. B.
- Qui suis-je au fond pour juger du bienfondé du choix d'une piste? La preuve juridique dans le système actuel est très difficile à établir. Quant au faisceau de présomptions, il est laissé a I'appréciation des enquêteurs. Or, dans I'enquête sur la disparition de ma fille, il existe de nombreux faisceaux de présomptions. Le choix est donc multiple.

II y a des pistes que vous avez suivies avec les enquêteurs. Ont-elles été poursuivies jusqu'au bout?
M.-N.B.
- Encore une fois, il me semble important de revenir sur la faiblesse du système d'enquête, sur sa marge de manoeuvre limitée. II n'est pas simple du tout, par exemple, d'enquêter sur les réseaux de prostitution. Par manque de moyens, certes, et aussi parce que les enquêteurs ne peuvent pas les infiltrer tous. Et les mafias, comme on le sait, sont beaucoup plus puissantes que les polices.

Ces dernières sont tenues de respecter un cadre légal …
M.-N. B.
- Oui, sans compter qu'il y a toujours la publicité que l'on fait autour des déplacements des enquêteurs à l'étranger. Je ne sais trop qui il faut mettre en cause. Les journalistes, les parquets? En tout cas, certains actes d'enquête sont réalisés dans un grand battage médiatique qui fait que les pistes sont vite "refroidies".

Que reste-t-il des espoirs nés de la Marche blanche?
M.-N. B.
- Pour moi, rien. Parce que beaucoup d'esprits "éclairés" l'ont déchiquetée, détournée. Ils craignaient l'avènement d'un nouvel ordre moral. Pour moi, il existe un ordre moral nouveau qui dit que la sexualité des adultes n'a pas tous les droits, que celle des enfants appartient à ces derniers et qu'aucune transgression n'est admise à ce propos. Effectivement, c'est un ordre moral nouveau car pendant des années et encore au moment de la disparition d'Elisabeth, les pédophiles voulaient se faire entendre et se faire reconnaître comme minorité sexuelle au même titre que les homosexuels. Ils tenaient des discours qui laissaient croire que la sexualité des enfants ne pouvait s'épanouir qu'entre les mains des adultes. Cette vision a imprégné beaucoup d'esprits intellectuels post-soixante-huitards pour qui la sexualité a tous les droits. Je pense, en outre, que les enfants ne doivent pas être utilisés commercialement dans les pubs.

Vous avez ouvert une porte vers une justice plus humaine. Vous en retirez de la satisfaction?
M.-N. B.
- Non, parce que je pense que le contact avec les magistrats pouvait déjà exister avant. Ce n'est pas parce que les locaux seront plus accueillants que tout ira mieux. Le contac se fait de personne à personne. De bonnes relations commandées ne seront jamais fructueuses. Par ailleurs, la victime doit avoir un statut juridique réel dont elle ne dispose pas encore. Je crois qu'il convient de distinguer les personnes qui recherchent un enfant disparu. Elles doivent être actives dans la recherche. En cas de disparition d'enfant, l'espoir subsiste que ce dernier puisse encore être sauvé. Si les parents le désirent et s'ils en sont capables, ils doivent être partie prenante dans l'enquête.

Aujourd'hui, on peut demander des devoirs d'enquête complementaires, on peut donc influencer un peu le cours d'une enquête,non?
M. -N. B.
- On dispose de ce recours. Cependant, il peut encore être refusé comme auparavant. Le changement m'apparaît infime, par conséquent.

L'etat d'esprit général n'a-t-il pas évolué ces dernières années?
M..N. B.
- Non, pas du tout. On fait attention au problème de la pédophilie mais de façon superficielle, me semble-t-il. Je pense que la Marche blanche a fait parfois plus de tort que de bien dans la manière de traiter la pédophilie puisqu'il y aurait desormais une chasse aux sorcières suscitée par ce grand rassemblement. Il y a des gens reconnus comme pédophiles par la loi pour lesquels un certain public pense encore que c'est à cause de cet ordre nouveau découlant de la Marche blanche qu'ils auraient et injustement accusés.

On dit que certains membres de I'appareil judiciare et policier ont été "sanctionnés" en passant devant la commission Dutroux. C'est votre sentiment?
M.-N. B.
- S'ils ont été sanctionnés par la publicité donnée à leur incompétence, ils ont obtenu par la suite de bonnes compensations. Je pense que les bons enquêteurs, il en existe, sont peut être finalement plus punis par ce qui a été montré que ceux qui ont vraiment commis les fautes. Ce qu'on a montré, on ne l'a pas inventé. Ce sont certains protagonistes eux-mêmes qui ont montré ce qu'ils avaient fait et ce qu'ils valaient. Ces gens par leur incompétence ont sali toute la profession.

Comment expliquez-vous les prises de position si opposées sur les reseaux?
M..N. B.
- Il y a des personnes mentalement équilibrées, ceux qui maîtrisent leurs pulsions de prédateurs: pour eux, les réseaux où I'on torture et où I'on tue des enfants sont donc inconcevables. Ils ne peuvent pas le comprendre, donc ils le refusent. II s'agit peut-être d'un phénomène comparable à celui qui visait à nier I'holocauste pendant qu'il avait lieu. Et puis, il y a ceux pour qui les réseaux sont leurs jouets. Ceux-là ont tout interêt à nier leur existence.

Etes-vous favorable au fichage des pédophiles, comme en Angleterre?
M.-N. B.
- La polémique est née en Angleterre sur les erreurs dans les noms publiés, pas sur le fait en lui-même. Aux USA, ou le fichage existe, les pédophiles vont s'installer dans les grandes villes où ils passent plus facilement inaperçus. Je pense que lorsqu'on est en présence d'un pédophile condamné, qui va en prison et qui suit une thérapie, on doit lui laisser une chance de cornprendre I'horreur de ses actes et de s'amender. Mais s'il récidive, alors dans ce cas il faut en informer le public. S'ils ne comprennent pas, alors il importe de les neutraliser. En Europe, on se focalise sur les erreurs judiciaires qui mènent aux exécutions capitales au Texas. II faut réflechir à la peine de mort pour les personnes pour lesquelles il n'y a absolument aucun doute. L'idée que la peine de mort existe pour les gens qui torturent des bébés et des enfants et qui commercialisent leurs crimes m'est absolument nécessaire, et pas pour I'exemple. Quand on est arrive à un tel degré d'inhumanité, il faut imaginer un exutoire. Je parle de la peine de mort dans I'absolu, pas pour une personne en particulier.

Ne peut-on craindre que, paradoxalement, plus les médias parlent des pédophiles, plus ils font leur jeu, en définitive?
M.-N. B.
- Absolument. On doit en parler pour permettre de traiter le problème. A partir du moment où on en parle, on en vient presque à I'amplifier. On donne des idées à des gens qui sont "borderline". II y a aussi ceux qui comprennent la gravité du phénomène. Mais au fur et à mesure, on observe un phénomène de déplacement et de déni qui s'installe, comme en Italie récemment, et pour les raisons que j'ai expliquées.

La condamnation récente de I'ancien curé d'Ottre ne montre-t-elle pas qu'un changement est malgré tout en cours?
M.-N. B.
- J'ai été surprise de voir qu'il était condamné malgré le déni. Je pense que ce n'est pas systématique, cependant. II est encore très difficile d'arriver à la preuve juridique et de croire le témoignage des enfants abusés alors que les enfants qui mentent représentent des cas très marginaux et très facilement décelables par les spécialistes.

Vous êtes très critique par rapport aux médias. Ne pensez-vous pas qu'à un moment donné, tous ont dénoncé la pédophilie, les dysfonctionnements?
M.-N. B.
- Les médias dénoncent ce qui les intéresse au moment ou cela les intéresse. Ils sont dépendants du pouvoir économique. Si on leur dit O.K., iIs sortent des infos. Si on leur dit stop, iIs s'arrêtent. Vous le savez bien tout de même! Les médias ne sont pas toujours au service du bien. Ils vendent de la copie avec I'histoire de nos enfants. Quand on a un enfant qui disparaît, cependant, et que I'on n'arrive pas à le retrouver, on a envie d'en parler et on en parle à celui qui écoute. C'est toute l'ambiguïté de la situation.

C'est vous qui avez lancé I'idée de la Marche blanche. Pourquoi en être deçu aujourd'hui?
M.-N. B
. - Au moment de l'affaire Dutroux, j'ai vraiment cru qu'on allait admettre les réseaux, qu'on allait comprendre qu'il fallait mener les enquêtes autrement. II y avait 300.000 personnes dans la rue, qui I'avaient compris. Même le Premier ministre de I'époque I'avait compris avec un certain décalage. Aujourd'hui les faits parlent d'eux-mêmes. L'ampleur des découvertes en matière de pédophilie est tellement horrifiante et incontournable que c'est vraiment cela qui va faire changer les choses. La Marche blanche a donné le courage à certains de témoigner. Elle a aussi provoqué I'irritation d'autres qui n'avaient pas fait leur travail correctement et qui de par ou à cause de la Marche blanche ont encore un peu plus raidi leurs positions. Au niveau des victimes, la Marche les a encouragées à temoigner et c'est très bien.

La Marche blanche a quand même permis de sortir des affaires de pédophilie dont on parlait peu ou pas?
M.-N. B.
- Non, pas du tout. C'est I'ampleur et la cruauté de ce phénomène qui le rendent si visible. On I'a laissé s'étendre à un point tel qu'il n'est pas étonnant, finalement, que des gamins en surfant sur Internet tombent sur des bébés torturés. Si on avait traité le phénomène depuis qu'on en a pris conscience, c'est-a-dire au moins depuis le moment où Elisabeth a disparu, on ne serait pas arrivé au stade actuel. Quand une société dite civllisée accepte que nombre de ses membres prennent plaisir à violer, à torturer et à vendre leurs propres enfants, elle court à son autodestruction. Ce n'est pas parce que la justice en condamne certains que le phénomène va s'arrêter, mais je n'ai pas de solution pour enrayer le problème.

Vous ne serez plus le porte-drapeau des espoirs suscités par la Marche blanche?
M.-N. B.
- Je serai toujours attentive à I'aide aux victimes sans plus être la porte-parole de quoi que ce soit. Pour une question d'épuisement personnel, aussi bien mental que physique.

Vous vous investissez dans les comites blancs?
M.-N. B.
- Je suis détachée des comités blancs. II y en a qui fonctionnent très bien et puis il y a ceux qui ont besoin d'être portés, dirigés. II y a aussi des personnes malintentionnées qui les infiltrent et répandent de fausses informations, qui font dire aux comités des propos qu'ils n'ont pas tenus. Les comités ont appris à travailler sur le tas, ils essaient d'être positifs, utiles et ce n'est pas facile.

Vous avez aidé les Russo au moment où ils cherchaient leur enfant?
M.-N. B.
- Au niveau de I'ASBL Julie et Melissa, très peu. II y a surtout eu des discussions. lIs ont le corps de leur fille: dans ce sens-Ià iIs ont de la chance par rapport à moi. Mais je ne voudrais pas savoir ce qu'ils savent sur ce que Julie et Melissa ont enduré. Je pense qu'il n'y a pas pire. C'est hallucinant: elles ont vecu longtemps dans I'abus, dans la torture, elles ont été enfermées dans une cage. Mais je suis tellement désespérée quand je vois comment cette affaire abominable est traitée. Une défense des inculpés basée sur le déni est insoutenable: je ne veux pas vivre une telle situation.

Que pensez-vous de Child Focus?
M.-N. B.
- Je pense que le Centre pour enfants disparus devrait passer à la vitesse supérieure. Donc, lutter contre les réseaux pédophiles. Je suis un peu triste de voir que les affichages ne provoquent plus actuellement la mobilisation de la société civile. On se dit qu'il y a le Centre qui affiche de toute façon. II est censé s'occuper de tout et plus person ne s'investit personnellement dans la recherche des enfants.

Croyez-vous que certaines personnes vivent à travers vous?
M.-N. B.
- Peut-être. Si j'ai envie d'incarner un espoir, c'est celui de la lutte pour un monde meilleur. C'est vrai que je suis un peu revenue de mes illusions. On choisit de lutter ou pas. Chacun doit faire son petit boulot dans sa petite sphère, essayer de bien élever ses enfants, et ce n'est pas toujours facile. Qu'on leur explique le bien et le mal, à ne pas utiliser les autres pour leur propre plaisir.

Vous avez été trop exposée?
M.-N. B.
- Je le pense. C'est difficile de juger s'il faut parler ou pas. Je préférerais de loin ne plus m'exprimer. Les gens n'oublient pas, ils occultent. Est-ce qu'il faut continuer, alors? II ya un moment où on a I'impression de parler dans le vide.

La politique vous tente?
M.-N. B.
- Bien que j'aie été approchée, la politique ne me tente pas. Je crois qu'elle est trop soumise au pouvoir économique.

Si on vous proposait un poste de consultante au ministère de la Justice, vous I'accepteriez?
M.-N. B.
- Peut-etre. Sauf que pour le moment je suis assez désemparée par rapport aux solutions a envisager pour combattre la pédophilie. Je pense que si on n'appréhende pas ce fleau dans sa globalité, que I'on ne revoit pas certaines choses élémentaires, on n'y arrivera pas.

Aujourd'hui vous croyez encore que votre fille est vivante?
M.-N. B.
- Je le pense et je le redoute. Parce que les gens qui font ce genre de choses sont complètement dépourvus d'humanité.

Onze ans après, comment arrivez-vous encore à tenir?
M.-N.B.
- On se crée un monde parallèle dans lequel on trouve son espace. Je suis une survivante. Je ne le savais pas avant. Maintenant je le sais.

Vous croyez encore qu'un jour vous connaitrez la vérité?
M.-N. B.
- Ce sera la chance, le destin, un peu comme cela s'est passe pour les parents de Julie et Melissa. Peut-etre un méfait de trop, une excavatrice qui fait des travaux pour I'aménagement du territoire... On verra.

Depuis la disparition de votre fille, vous êtes restée dans la même maison. Vous n'avez jamais pensé que son ravisseur pourrait être un voisin?
M.-N. B.
- J'ai du mal a admettre qu'il puisse être anonyme. Par contre, il y a quelques personnes précises sur lesquelles j'ai des soupçons. De là à imaginer que je puisse côtoyer ou croiser son ravisseur en allant faire mes courses me semble inconcevable. Mais c'est possible. Je n'ai aucune certitude, je ne sais pas si Elisabeth a été happée par un réseau. Elle a été enlevée par quelqu'un de très structuré et qui a pu bien organiser les choses, si pas avant, du moins après puisqu'il n'a pas laissé de traces.

Imaginons qu'elle est effectivement vivante, vus pensez que vous pourries la tirer d'affaire?
M.-N. B.
- Je n'en ai aucune idée. Je n'ai aucune exemple de personne qui en soit sortie. Je lis toujours avec intérêt les récits des prostituées - contre leur volonté - pour savoir comment elles ont fait pour s'en sortir.

Vous avez enore une vie de famille?
M.-N. B.
- Oui, et on se bat pour en avoir une.

Dans quelques jours, il y aura onze ans qu'Elisabeth a disparu. Vous voulez qu'il u ait une commémoration?
M.-N. B.
- Non, je n'ai plus envie, je veux vivre ce jour-là toute seule.

Vous avez toujours l'espoir de la retrouver?
M.-N. B
. - Je ne pense pas. Plus le temps passe, plus j'ai peur de connaître la vérité. Je sais que pour mon bien-être mental je dois la connaître. Cela fait peur toutefois quand je vois ce que vivent les parents de Julie et Meissa. J'ai l'imprssion qu'en Belgique il n'y a de place que pour les avocats de la défense.

Vous espérez qu'elle est morte?
M.-N. B.
- Oui, bien sûr. Et qu'elle est morte tout de suite. Un pédophile bruxellois prétend que son compagnon de cellule lui a raconté l'enlèvement d'Elisabeth. Il aurait dit qu'elle serait morte tout de suite, du coup du lapin. Cette version me va très bien.

Vous avez un message à faire passer?
M.-N. B.
- A l'aide! Et que les gens cessent de penser à court terme et qu'on cesse de nous baratiner avec la dialetique du vide. Que les intellectuels arrêtent de nous bassiner avec des idées qui sont très belles sur le papier mais qui ne correspondent pa à la réalité.

Vous êtes consciente qu'un mot de votre part aurait pu mettre la Belgique sens dessus dessous?
M.-N. B.
- C'est Dehaene qui l'a dit. Il m'a fait bien plaisir d'ailleurs. Je ne regrette pas d'avoir mené les choses comme on les a menées. C'est vrai que les résultats sont très décevants.

Vous le referiez?
M.-N. B.
- Oui. Ce que je ne referais pas, c'est aller voir Jean-Luc Dehaene et accepter ses propositions. On dirait plustôt: maintenant on a le pouvoir, on attend des propositions concrètes.

Vous avez la date pour la prochaine Marche blanche?
M.-N. B.
- Non. Je n'ai plus l'énergie.