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Marc
Dutroux se plaint
La Nouvelle Gazette, 5 janvier 2001
On le sait depuis longtemps déjà, Marc Dutroux n'a de cesse de se plaindre
de ses conditions de détention à la prison d'Arlon, depuis août '96.
Hier matin, l'un de ses avocats,
Me Marc Neve, du barreau de Liège, déposait une assignation devant le
tribunal des référés d'Arlon. "Les conditions de détention sont dégradantes
et doivent être soumises à un contrôle, estime Me Neve. Mon client doit
pouvoir être jugé dans des conditions acceptables, ce qui est loin d'être
le cas aujourd'hui. Il n'a pas accès à la lumière naturelle dans sa cellule,
il n'a droit qu'à une seule promenade par jour, sa cellule est éclairée
toutes les sept minutes et demi, et ce ne sont que quelques exemples".
Lors de l'audience, Me Neve a demandé que le tribunal se rende à la prison
d'Arlon afin d'assister à ce qui s'y passe réellement. "Ce que je connais
des conditions de détention sont les paroles de mon client. Je pense que
cette visite s'impose avant de pouvoir débattre en connaissance de cause".
Une demande que Me Hofstrossler, représentant l'Etat belge, a rejeté.
"Cette demande semble être le monde à l'envers. Ce dossier se fonde sur
une situation de fait déjà dénoncée en 97 où on reprochait déjà les conditions
de détention". Me Patrick Hofstroller dénonce également le dispositif
de citation. "Aucune mesure n'est visée, on se limite à dénoncer les faits.
Quelles sont ces conditions? La citation reste très vague et on ne demande
rien d'autre que cela s'arrête". Ce dernier insiste pour avoir un débat
sur le fond du dossier et sur la procédure.
Dans les rangs du Ministère public, on se montre sceptique quant au problème
de l'urgence. "Cette situation est en vigueur depuis longtemps, souligne
le substitut Jordant. Mais si vous devez considérer l'urgence, la visite
des lieux ne s'impose pas immédiatement. Il faut d'abord étudier les éléments
fournis par l'administration pénitentiaire."
L'affaire sera plaidée le 1er février prochain, date à laquelle le tribunal
décidera de la nécessité de se rendre dans la cellule de Dutroux.
L.B.
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