Dutroux a pris quinze kilos

Lu dans la Dernière Heure - (02/02/2001)

Le soi-disant martyr est plus gras que jamais

ARLON Marc Dutroux est-il le martyr de la 8e section, celle qu'il appelle le mouroir de la prison d'Arlon? Fait-il l'objet d'un traitement dégradant, contraire à la dignité humaine? C'est ce qu'il plaide, avec son avocat, Me Nève, qui demande à nouveau que l'on mette fin à une situation que la justice a le devoir de contrôler. On saura le 15 février ce qu'en pense le président Poncelet qui prendra peut-être le temps de visiter les lieux tant décriés. Mal soigné, Dutroux? Ce n'est pas du tout le sentiment de l'avocat de l'Etat belge, Me Patrick Hofströssler, qui admet pourtant que l'ennemi public numéro un doit faire l'objet d'un régime particulier.

Pour des motifs bien précis, définis par les règlements: risque d'évasion (!), risque de suicide, risque d'agression de la part des codétenus. Motifs auxquels il faut ajouter la provocation. A cet égard, Dutroux fait très fort… Pour attirer l'attention, il macule sa cellule de ses excréments. Dutroux aime les odeurs: "Il a droit à la douche, mais n'y va qu'une fois toutes les deux semaines."

Côté nourriture, il est, si l'on en croit l'avocat, comme un coq en pâte. N'est-ce pas lui qui établit ses menus, choisi les meilleures viandes, assaisonne ses salades, ajoute son grain de sel? De quoi prendre une quinzaine de kilos. Dutroux jouit d'un certain confort: télé et abonnement à Canal Plus, lecture de la presse, accès au préau et à la salle de sports, 10 minutes de téléphone par jour, possibilité de passer commande dans une grande surface du coin, visites des avocats et de la famille -"Seul son garçon vient le voir" -, un magnétoscope "qu'il a acheté 27.990 F".

L'avocat de l'administration conteste que, même lors des fouilles, M. Dutroux fasse l'objet d'un traitement humiliant. Me Hofströssler revient sur un épisode précédent. Dutroux avait camouflé des morceaux de verre de ses lunettes cassées. "Aujourd'hui, l'Etat lui a payé des verres incassables." Reste le contrôle toutes les 450 secondes." Il s'agit simplement d'un passage, sans réveiller le détenu, pour voir s'il est dans son lit et s'il n'y a pas de traces de sang sur les draps." A l'issue de l'audience, Dutroux s'est insurgé. Le menu? "C'est à cause de mon diabète." Le magnéto? "C'est pour préparer le procès. Je vais demander au procureur Bourlet des enregistrements de cassettes du dossier." Il s'en prend aussi au sentiment populaire: "On crée un climat de haine. On me donne l'image d'un tueur d'enfants". Il fait une petite concession: "C'est vrai, j'ai fait des fautes". Ça, c'est un scoop…

M. Pe.