Un père toujours désabusé

La Libre Belgique - 19/02/2001 - R.P.

A tort ou à raison, Guy Poncelet avait tancé la justice montoise au début de l'enquête. Que pense aujourd'hui cet ancien procureur du Roi? Guy Poncelet connaît bien le monde judiciaire: il est l'ancien procureur du Roi de Tournai. Le regard qu'il porte sur l'enquête n'est donc pas seulement celui d'un père immensément blessé, même si, lorsqu'il a porté de sérieuses accusations contre le monde judiciaire, par exemple lors d'une manifestation « contre la loi du silence », au mois de février 1998, il a pu paraître exagérément désabusé. Après tout, même s'il a fallu longtemps, on se dirige bien vers un procès Il n'empêche: comme il nous l'a expliqué lundi, M. Poncelet maintient: « Il y a eu des incohérences et des erreurs graves dans l'instruction jusqu'à la mise en place d'une cellule spéciale excluant de facto la PJ, à l'automne 1996.

C'était évidemment nécessaire, dans la mesure où deux pistes paraissaient d'emblée très sérieuses: la piste PJ interne et la piste du trafic de voitures volées, ou encore la combinaison des deux, qu'on ne pouvait pas exclure ». Bref, le climat est resté tendu entre la justice et le père de la victime qui, s'il se dit « tout à fait confiant dans le travail de la cellule », regrette néanmoins de n'être guère tenu au courant de l'évolution du dossier. « Je suis dans le brouillard depuis la libération de M. Leclercq ».

Magistrat dans l'âme, M. Poncelet explique: « Ce n'est pas à moi de dire s'il est coupable ou non - cela reviendra soit à la juridiction d'instruction qui rendrait un non-lieu, soit à la cour d'assises. De plus, je suis un chaud partisan de la présomption d'innocence et je ne vais pas me mettre à l'accuser d'avoir tué Simon. Mais ce qui est incompréhensible, c'est que neuf décisions juridictionnelles ont fait état à sa charge d'indices d'assassinat (Ndlr : impliquant la préméditation) suffisamment graves pour justifier la détention préventive, une autre évoquant la même chose pour un meurtre (sans préméditation). Et puis, subitement, on ne sait pourquoi, le 10 juillet 1998, il n'y a plus rien! ». Et de citer la motivation : «Attendu qu'en l'état actuel de l'instruction, il n'existe plus d'indices suffisamment sérieux de culpabilité à charge de l'inculpé justifiant le maintien de la détention préventive ».

Plus d'indices? C'est à voir.

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