Julia, prénom de la maltraitance

Elle avait 17 mois. Elle n'a pas survécu aux traitements qui lui ont été infligés. Un drame. Des questions

LE SOIR - 08/02/2001

CÉDRIC VANTROYEN L'autopsie de Julia, morte jeudi des suites de ses blessures alors qu'elle était âgée d'à peine 17 mois, a démontré que la petite fille avait bien été maltraitée. Une double fracture du crâne et de multiples brûlures sur le corps ont été constatées. Mais la cause de la mort de Julia - si ce n'est dix-sept mois de souffrances atroces... - n'a pas encore été déterminée. L'enquête mise entre les mains du juge Cécile Hayez est effectivement toujours en cours, et l'entourage du couple est interrogé. En outre, les prélèvements effectués lors des perquisitions et de l'autopsie doivent encore être analysés, ce qui pourrait prendre plusieurs semaines. Samir avoue avoir frappé la petite alors qu'il la gardait et que " ses pleurs devenaient trop forts " Tout a débuté jeudi soir, lorsque, vers 17 h 30, Samir A., un jeune homme de 23 ans, se présente à l'hôpital Saint-Etienne de Saint-Josse, une petite fille inerte dans les bras. Les médecins tenteront l'impossible. Mais, une demi-heure plus tard, ils devront se résigner : la petite est morte. Les médecins, immédiatement troublés par le type de contusions qui marquaient le bébé, déterminent qu'ils ne peuvent être la suite de simples accidents. Samir et Christelle, la mère de Julia, âgée d'à peine 18 ans, devront répondre aux questions de la police, prévenue par l'hôpital.

La police ne sera jamais convaincue des explications du couple, jusqu'à ce que Samir avoue avoir frappé la petite alors qu'il la gardait et que ses pleurs devenaient trop forts à son goût. Samir et Christelle seront directement privés de leur liberté et des mandats d'arrêt seront lancés contre eux : pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort, en ce qui concerne Samir, avec la circonstance aggravante d'avoir autorité sur un mineur; pour abstention coupable, en ce qui concerne la mère. Le moment où la double fracture a été provoquée devra encore être précisé par les légistes, afin de savoir si elle est antérieure ou non à l'arrivée de Samir dans la vie de Julia. Les faits qui lui sont reprochés pourraient alors être requalifiés. Ce drame pose plusieurs questions.

La première est de savoir si le milieu où vivaient Christelle et son enfant a pu influencer ces actes incompréhensibles ? C'est en effet dans un petit appartement insalubre de Saint-Josse que Christelle élevait Julia, fille d'un mari parti sans laisser de traces. Et elle voyait déjà Samir depuis trois ans. Est-ce que des garde-fous existent, qui pourraient empêcher que ne surviennent de tels drames (voir ci-dessous) ? A-t-on affaire à deux personnes particulièrement fragiles psychologiquement ? Bref, ce n'est que lorsque Samir et Christelle se seront expliqués devant la chambre du conseil - ce qu'ils font aujourd'hui -, que l'on en saura un peu plus sur la cause de cette sordide affaire, et qu'on comprendra peut-être comment et pourquoi une jeune fille de 18 ans a pu en arriver à laisser un amant maltraiter ainsi sa fille pour nier ensuite l'évidence.· A croire que Mr Dupont n'a pas pas grand chose à écrire...