Double fracture du crâne pour la petite Julia

Journal La Dernière - (05/02/2001) Heure - Emmanuelle Praet

L'autopsie de la petite Julia, 17 mois, battue à mort par son beau-père Samir a eu lieu

BRUXELLES

Des hématomes a ne plus apercevoir la peau. Un énorme pansement dans le dos. La plante des pieds brûlée, que l'on a masquée par du mercurochrome, une double fracture du crâne. Le corps de la petite Julia, 17 mois, battue à mort par son beau-père Samir, 23 ans, n'est pas beau à voir. C'est même à pleurer. L'autopsie a été effectuée ce dimanche. Les premières constatations confirment que la mort a été causée par une double fracture du crâne. Il semble également que le coeur de Julia n'ait pas tenu le coup.

A la demande de la juge d'instruction chargée de ce pénible dossier, d'autres analyses vont être effectuées (drogue, médicaments, alcool). Ce n'est qu'après ces derniers examens que le permis d'inhumer sera délivré à la famille.

En attendant que Julia repose dans sa dernière demeure, sa maman reste en prison. Elle passera mercredi devant la chambre du conseil qui confirmera ou non sa détention et, par conséquent, le mandat d'arrêt du chef de non-assistance à personne en danger. Interrogée, Christelle, 18 ans, a opté pour le fatalisme: `Elle est mieux où elle est maintenant. C'est mieux ainsi´, a-t-elle déclaré.

Samir, le bourreau, reste quasiment imperturbable. Lui aussi comparaîtra mercredi devant la chambre du conseil pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Une qualification des faits qui peut encore changer au cours de l'instruction. De nombreuses personnes doivent encore être entendues. Il est, en effet, possible que la juge opte pour l'homicide. Ce qui a en fait sauv é Samir, c'est sa réaction après les coups. Se rendant compte que la petite Julia ne bougeait plus, il s'est rendu à l'hôpital le plus proche.

Après trente minutes, les médecins se sont résignés à prononcer l'heure du décès. Ayant constaté les multiples lésions, les médecins ont alors avisé les forces de l'ordre Samir a été interpellé. Il a avoué avoir jeté Julia contre les barreaux de son lit, avoir fracassé la petite contre le robinet de la baignoire Quant aux brûlures des pieds (80% au deuxième degré), il continue à affirmer que c'est la chaufferette qui en est la cause.

Il semble, selon ses dires, que toutes les souffrances vécues par ce petit bout de chou avaient débuté après le 22 janvier. Au terme d'une trop longue semaine de tortures, Julia est partie

Emmanuelle Praet