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Dutroux:
1.603e journée, cellule 801
Les charentaises de Monsieur
Dutroux
DERNIERE HEURE DU 7 FEVRIER
2001 - Gilbert Dupont
ARLON `Monsieur Dutroux´, comme
ses gardiens sont tenus d'appeler le pensionnaire de la 801, a raison
de dénoncer qu'il lui est parfois demandé de faire un petit effort. Il
n'a pas à prendre les poussières sous son lit ni à faire sa vaisselle
mais Dutroux, pardon, Monsieur Dutroux, est parfois invité à laver ses
12 m2 de cellule. On lui passe deux seaux d'eau chaude et froide , une
serpillière et une raclette. C'est un cas où Dutroux travaille. S'il n'apprécie
pas la sauce bolognèse sur ses spaghetti au menu du jour, un mot, un geste,
le chef fait le reste! C'est comme ça à la prison d'Arlon: le chef lui
servira du gruyère râpé et un morceau de viande. Idem s'il veut éviter
une nourriture trop lourde: la cuisine fera un effort.
Marc Dutroux, allez savoir pourquoi, réclame la visite de l'aumônier.
Médecin, dentiste et infirmière ne lui coûtent rien. Il n'a pas à se déplacer
pour le coiffeur en fait une coiffeuse qui ne le coiffe pas dans sa cellule,
mais à la table des chefs. La jeune femme coiffe aussi pas mal de gendarmes,
ce qui explique que Dutroux ait parfois le look gendarme. Coût du déplacement,
230 F (5,70 )
La lecture? Dutroux s'est constitué une petite bibliothèque. Il est autorisé
à se faire livrer des magazines de charme comme Lui ou Playboy. Ses appartements
sont fouillés (avec des gants chirurgicaux!) tous les jours. Pour ne pas
déranger Môssieur, les gardiens choisissent le moment de la douche.
Logé, nourri, blanchi et même éclairé
Linge. De l'administration, Dutroux a reçu: 1 veste et 1 pantalon gris,
3 slips, 3 paires de chaussettes, 1 chemise et 1 t-shirt bleus, 2 singlets
avec et sans manches, 1 pull bleu à ligne blanche, 1 veste molletonnée
avec capuchon pour l'hiver, 1 K-way pour l'été ainsi que des mocassins
et des charentaises en cuir, ceux-ci fabriqués en prison par des détenus
astreints au travail, eux! Le linge est lavé et repassé! en une heure
aux frais de l'Etat.
Dutroux se plaint d'avoir dû porter des baskets trois fois trop larges
au point d'avoir dû enfiler six paires de chaussettes: ces baskets ne
sont pas fournies par la prison mais lui ont été achetées à sa demande
par un gardien qui a dû se tromper.
Dutroux fume pas mal. En fait, il se roule lui-même ses cigarettes à la
main. Le tabac est livré à la cantine.
La nuit tombe sur Arlon, la journée s'achève, la 1.603e pour Dutroux depuis
son arrestation en août 1996. Il est souvent 23 h quand le 801 éteint
la télé. Il a pu zapper à son aise sur toutes les chaînes et même Canal
+ s'il a pris la peine de payer l'abonnement fixé à 35 F (0,87) par jour.
Au lit, Dutroux est réveillé toutes les 7 minutes 30. Huit fois par heure.
C'est vrai à quatre détails près: 1) c'est certainement encore plus casse-pied
pour les gardiens qui ne doivent pas seulement zieuter dans la 801 mais
accomplir après chaque vérification une formalité prouvant que la procédure
a été respectée; 2) les gardiens utilisent l'éclairage d'appoint de la
cellule, une lumière tamisée, plus douce; 3) pour éviter tout ça, on avait
proposé à Dutroux de placer une caméra; il l'a refusée; 4) en accord avec
les gardiens, d'autres détenus ont trouvé un modus vivendi consistant
à laisser l'éclairage d'appoint allumé toute la nuit. La plupart s'en
accommodent. Les gardiens se contentent alors de vérifier, par le clapet,
que tout va toujours bien à la 801 qui, contrairement à la rumeur, n'est
pas une cellule capitonnée même si c'est celle de Dutroux
Gilbert Dupont
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