Marc Dutroux à Bruges!

Dernière Heure - 19/02/2001 - Gilbert Dupont

Il devrait retrouver Arlon vendredi déjà

ARLON/BRUGES

Voyage en hélicoptère un Explorer de la police fédérale venu expressément de Melsbroek hier à 16 h 10 pour Marc Dutroux, transféré par la voie des airs, avec l'appui de l'Escadron spécial d'intervention, vers la prison quatre étoiles de Bruges, à l'autre coin du pays. Selon nos infos, le séjour de Dutroux dans le centre médical de la prison de Bruges sera de courte durée. Dutroux devrait retrouver sa cellule 801 à Arlon vendredi prochain. Me Marc Nève, un des avocats de Dutroux, confirme que son client souffre du diabète. Qu'en est-il exactement? Ce sera l'une des tâches des médecins brugeois qui pourraient au besoin faire examiner Dutroux en extérieur ou en tout cas faire procéder à certains examens à l'AZ Sint-Jan.


L'administration pénitentiaire ne veut prendre aucun risque. Il faut savoir nous disent plusieurs détenus contactés hier soir que le diabète est connu en prison pour être, avec l'Alzheimer, certains cancers avancés, etc., une des pathologies susceptibles d'apporter un certain confort supplémentaire au détenu qui en est atteint. Un diabète mal soigné peut dégénérer en gangrène. On nous cite même des cas de détenus libérés anticipativement grâce à cette maladie


Pas exclu non plus que l'administration pénitentiaire, avec l'accord de Marc Verwilghen, veuille s'assurer de l'état de santé mentale du détenu le plus sinistre du pays. Pression et isolement aidant, Dutroux n'est-il pas tout doucement en train de sombrer dans un schéma de psychose, une folie qui pourrait amener un jour des psychiatres à considérer qu'il ne serait plus capable du contrôle de ses actes, ce dont Marc Dutroux pourrait profiter, comme porte de sortie, pour échapper aux assises?

Toujours est-il qu'à Bruges, Dutroux bénéficiera d'un régime carcéral encore plus favorable qu'à Arlon. Un ancien détenu n'hésite pas à parler d'une prison quatre étoiles!

Pensez! Le détenu est seul en chambre c'est loin d'être toujours le cas dans nos hôpitaux. Il possédera, au-dessus de son lit, un bouton-pressoir qui lui permettra d'appeler l'infirmière. Car le centre médicaldispose de médecins spécialistes, kinés et infirmier(ère)s. Dutroux ne sera pas menotté, bien sûr. A Arlon, il était réveillé à 6 h. A Bruges, ce sera 8 h. La chambre y est aussi spacieuse (avec W.-C. privé!) qu'une chambre d'hôpital universitaire. Au menu, qu'il nous suffise de dire qu'à Noël il est arrivé à Bruges de servir du magret de canard...

Gilbert Dupont