La commission
des Pétitions trouve que, là, c'est un problème qui la dépasse (Dutroux & Co.)
Journal LE MATIN du 21 décembre
2000
La commission des Pétitions de la Chambre ne veut être comparée à la commission
Dutroux en rien. Aussi infime soit-il. On ne lui en demandait pas autant.
Juste, dans le chef d'Aimé Bille,
qu'elle l'entende. Bille, l'enquêteur de Neufchâteau, évincé en 1997 pour des
motifs qui apparaîtront plus de deux ans après comme irréguliers et, pire, fabriqués.
Tout citoyen a le droit, consacré par la Constitution, de faire appel au Parlement par la voie de la pétition. Il a aussi, depuis cette législature, le droit de demander à être entendu.
L'idée, ici, correspond probablement
au vœu du Parlement de pas être trop à la traîne de l'évolution des mœurs ;
c'est tout le blabla sur le fossé entre citoyens et institutions.
Le droit de formuler humblement la
demande, nota bene. Pas acquis d'avance. Bille, c'est " niet".
Les Verts, le SP et le PSC voulaient bien. Pas le PS ni le PRL.
Olivier Chastel, député PRL, s'en
explique. Dossier beaucoup trop complexe, dit-il, ajoutant que sa commission
n'est pas le lieu pour en débattre. En outre, dit Chastel, Bille a déjà été
blanchi par la justice. En effet, et sa plainte contre le rédacteur Deliège
(Soir Illustré) vient de se conclure par un jugement en sa faveur, de façon
plutôt drôle d'ailleurs, puisque le tribunal note que le rapport du Comité P
ayant permis à Deliège d'accuser Bille d'une participation dans le montage du
dossier Di Rupo ne contient aucune information dans ce sens...
Mais Bille, donc, demandait juste
à être entendu. Faut croire que l'ombre d'une ombre de commission d'enquête
" bis " donne la frousse au PS et au PRL.
E.R.