| Justice
Des milliers de cheveux à analyser Dutroux : la thèse du réseau relancée? Le Soir du samedi 20 janvier 2001 - MICHEL PETIT Et si la thèse du réseau était relancée? C'est l'analyse de Me Darge, à la défense de Michèle Martin, en apprenant le souhait du parquet de faire procéder à l'analyse micro et macrobiologique de milliers de cheveux récoltés chez Marc Dutroux. Fin du millénaire, Michel Bourlet, procureur du Roi à Neufchâteau, requérait du juge d'instruction Jacques Langlois l'analyse des cheveux trouvés en deux endroits bien précis : dans la cache que Dutroux avait aménagée dans ses caves, à Marcinelle, et dans le Ford Transit avec lequel le duo Dutroux-Lelièvre a enlevé Sabine et Lætitia, en juin et août 1996. Le juge Langlois avait repoussé la requête du parquet. Lequel a interjeté appel et obtenu, à Liège, gain de cause. L'arrêt de la chambre des mises en accusation est tombé le 8 janvier. Me Slusny, à la défense de Michel Lelièvre, et Me Pierre, avocat de Marc Dutroux, en ont d'emblée tiré les conclusions en plaidant la levée du mandat d'arrêt. Concernant Lelièvre, la justice a tout appris dans les 48 heures qui ont suivi son arrestation, en août 96. Sa détention préventive ne se justifie en rien. Même son de cloche de Me Pierre qui parle d'une libération virtuelle puisque Marc Dutroux purge une peine d'emprisonnement de 5 ans. Quant à Me Darge, il demandera la levée du mandat d'arrêt le mois prochain, quelle que puisse être la réaction populaire. Ceci étant, le président du tribunal, Francis Moinet, a rejeté la demande des avocats. La défense s'est évidemment penchée sur les analyses biologiques réclamées. L'instruction est relancée, analyse Me Darge. Par ces analyses, on va tenter de dénombrer les visites dans la cave où étaient détenus les enfants. Cela suit le fil de la pensée du procureur Bourlet qui veut démontrer que des réseaux existaient. Or, tout a déjà été glané, analysé. Selon les avocats, relayant en quelque sorte le magistrat instructeur, ces analyses sont inutiles. Il y a aussi des doutes sur la fiabilité des résultats. Reste maintenant à trouver les laboratoires à même de remplir les missions scientifiques exigées. L'INCC (l'institut national de criminalistique et de criminologie) répond à la demande mais ne peut absorber l'ensemble du travail. Aussi, le juge Langlois devra-t-il faire appel à une trentaine d'autres laboratoires, en Belgique et à l'étranger, en Angleterre et en France sans doute. Les prix oscilleraient entre 7.000 (INCC) et 130.000 F (en Angleterre) l'analyse. On estime, glisse Me Pierre, que les frais de justice seront accrus de 75 à 110 millions. Selon le trio d'avocats, à leur sortie de la chambre du conseil, le procès ne se tiendrait pas avant... 2005.· |