| REGINA
DOIT FAIRE LE PREMIER PAS Het Volk, le 28 décembre 2000 - par Geert Neyt "Ma femme Christiane était une mère aigrie quand elle est morte. Quand, aveugle, bourrée de morphine et de cortisone, étouffant à cause de l'emphysème dont elle souffrait depuis huit ans, elle a senti approcher la mort, nous avons beaucoup parlé de notre fille Regina. Ma femme a dit "Je n'ai plus de fille". Regina n'était pas mentionnée sur le faire-part - ses quatre enfants bien, par contre - et elle n'a pas assisté aux funérailles." C'était en novembre 98. Quelques mois auparavant, leur fille, exploitante d'une pension pour chiens et mère de quatre enfants, avait bouleversé tout le pays en inventant, comme "témoin X1", une histoire folle qu'elle raconta aux enquêteurs. Elle relatait comment, en tant qu'enfant, elle avait été amenée par ses parents et grands?parents dans une réseau pédophile, dans lequel elle avait été abusée, entre autres, par des gens comme Dutroux et Nihoul. Après enquête par différents parquets, aucune preuve de ses affirmations n'a jamais été trouvée. Depuis, tout contact est rompu entre Regina et son père Georges. "Je suis toujours disposé à me réconcilier avec elle" dit-il. "A la seule condition que Regina retire publiquement les mensonges pathologiques qu'elle a répandus à notre sujet". Mont-Saint-Amand - Le mécanicien pensionné Georges Louf (67 ans) nettoie lui-même sa maison. "Pas parce que je ne peux pas me permettre d'employer une femme de ménage, mais parce que j'ai besoin de m'occuper. Sinon je me tracasse. Quand je vais vraiment mal, je me rends au crématorium de Lochristi. Là, je m'assieds sur un banc et je regarde la pelouse de dispersion, où se trouve la photo de la femme avec qui j'ai eu un mariage heureux pendant 42 ans." C'est pour cela aussi que c'est bien que j'ai beaucoup d'animaux dont je dois m'occuper : un chat, trois perroquets et quatre chiens. L'un d'entre eux, notre lévrier Merlin, est encore toujours triste. Pendant toutes ces années, il restait couché près du lit de ma femme que nous avions installé au salon. De temps à autre, elle devait être hospitalisée. Merlin passait alors tout son temps sur la table, il surveillait le hall d'entrée et attendait son retour. Depuis la mort de sa maîtresse, il attend chaque jour son retour." Vous-même avez dû attendre très longtemps avant de pouvoir revoir vos petits-enfants. Georges Louf : "Pendant trois ans je n'ai pas pu voir la prunelle de mes yeux. J'avais un droit de visite, mais ma fille n'amenait jamais les enfants au centre de rencontre où je pouvais les voir pendant deux heures tous les quinze jours. Elle trouvait toujours une échappatoire. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais il y a quelques mois j'ai reçu une lettre qui m'informait que les visites pourraient finalement avoir lieu. En octobre, j'ai pu revoir mes petits-enfants. C'était fantastique. C'était exactement comme avant, quand ils grandissaient chez nous. L'aîné, qui a maintenant 11 ans, s'est jeté à mon cou. "Pépé, j'ai tellement compté les jours avant de pouvoir te revoir" m'a-t-il dit. Ce sont des enfants magnifiques. Je les ai déjà rencontrés trois fois. Nous ne parlons pas de leur mère, mais de l'école et de ce que nous avons vécu auparavant avec leur mémé. Cela m'a vraiment remonté le moral. J'espère que je pourrai désormais continuer à les rencontrer." Après tout ce temps, comprenez-vous pourquoi votre fille a raconté toutes ces choses terribles au sujet de ses parents ? Louf : "Je n'y comprends toujours rien. Quand j'ai entendu Regina raconter anonymement ses "blagues" pour la première fois à la télévision, je l'ai reconnue tout de suite. Je me suis rendu chez elle et lui ai montré le journal "De Morgen". "Pourquoi fais-tu cela ?" "Oh, papa, ce sont des racontars de journaux". Je lui ai dit alors "Tu t'es fourrée dans un guêpier et tu ne vas pas tarder à te faire piquer". C'était la dernière fois que nous nous sommes vus. Avant cela nous n'avions jamais eu la moindre dispute. Pouvez-vous comprendre que je gardais ses enfants jusqu'à une heure du matin pendant qu'elle et son mari étaient en train de nous poignarder dans le dos à Bruxelles et Neufchâteau ?" En tant que parent, n'aviez-vous jamais de problème pour élever votre fille ? Louf : "Vraiment pas. Elle a toujours tout eu. Que voulez-vous, quand vous avez eu tant de peine à avoir un enfant. Après deux fausses couches, ma femme a tout essayé, jusqu'à des traitements à l'étranger. Elle est restée couchée huit mois pour garder le fruit de ses entrailles. Regina était notre trésor. Après cela elle a été élevée chez sa grand-mère à Knokke. Un milieu convenable. Elle y suivait des cours de danse et de musique. Elle y a aussi appris à monter à cheval. Après, à Gand, Regina était une gentille adolescente. Elle ne sortait jamais, elle préférait nous accompagner à des expositions canines. Ma femme a été champion d'Europe. A l'âge de 14 ans, Regina aurait eu une relation avec ce Tony, un représentant de commerce marié, dans la quarantaine, qui était aussi membre du jury de ces concours de chiens. Je ne l'ai jamais su. Quoi de plus qu'une passion amoureuse d'adolescente ? Regina était intelligente. Après ses humanités inférieures, elle a appris des langues au Henleykaai. A l'âge de 16 ans, elle a rencontré au manège le garçon qui allait devenir son mari. Il poursuivait des études d'éducateur. Elle voulait être avec lui et elle s'est inscrite dans son école. Leurs études terminées, ils ont voulu se marier tout de suite. Comme ils n'avaient pas de revenus, nous les aidions financièrement. Et en fait, nous avons continué." Considérez-vous maintenant que Regina vous a utilisés pour l'argent ? Louf : "Peut-être bien. Même à la banque, on nous disait : "Vous avez déjà donné beaucoup trop à votre fille." Mais ma femme répondait : "Nous n'avons qu'un enfant. Il vaut mieux lui permettre d'en profiter maintenant plutôt que de l'obliger à attendre l'héritage. Quand j'y repense, je dois admettre que Regina et son mari en demandaient toujours plus. Je pense qu'en tout nous lui avons allongé 5 millions. La tirelire est vide maintenant. Je ne trouve pas cela grave: un vieil homme comme moi n'a pas besoin de grand chose. Si seulement je peux continuer à voir mes petits enfants." (Traduction : B. Goossens) |