PLUS DE TRENTE ANNEES DE LUTTE ANTIPROHIBITIONNISTE
Chronologie des principales initiatives antiprohibitionnistes

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1965 Premières actions publiques et nonviolentes contre la législation prohibitionniste. Le Parti Radical organise dans toute l'Italie des contre-inaugurations de l'année judiciaire, pour dénoncer l'impuissance des lois répressives contre la diffusion des drogues prohibées.
 
1975 Après trois ans de campagne pour l'abolition des sanctions pénales pour consommation de drogue, Pannella oblige les forces de l'ordre à l'arrêter, en fumant un joint en public. Depuis la prison, il organise la mobilisation afin que le Parlement discute une proposition de loi, qui entre autres, introduise la dépénalisation pour consommation personnelle de drogue. Il refuse de demander la liberté provisoire jusqu'à ce qu'il reçoive l'engagement et la garantie des Présidents de la Chambre et du Sénat de soumettre à la discussion et de porter au vote, endéans les quatre mois, la loi de réforme. Quelques mois plus tard, la loi est approuvée.

1979 Le 4 octobre, Angiolo Bandinelli, Conseiller Communal radical à Rome est arrêté pour avoir fumé un joint au cours d'une séance du Conseil communal. Le jour d'après, le secrétaire du Parti Radical Jean Fabre, accomplit le même geste pendant une conférence de presse. Il est arrêté.
1980 Le Parti Radical réunit les 500.000 signatures nécessaires à la proposition d' un référendum pour la légalisation des drogues douces. Le référendum aurait dû avoir lieu au printemps 1981. Au mois de janvier de cette année-là, la Cour constitutionnelle le juge irrecevable.

1981 Le 4 novembre, Luigi Del Gatto, médecin, membre du Conseil fédéral du Parti Radical est arrêté pour avoir prescrit de la morphine à des patients toxicomanes, et par conséquent, pour avoir violé, au nom de la liberté thérapeutique , la loi sur les stupéfiants.
 
1988 Marco Pannella fait partie des promoteurs de la CORA, Coordination radicale antiprohibitionniste, l'association du Parti Radical qui depuis lors s'occupe des initiatives pour la réforme des politiques en matière de drogue.
1989 Marco Pannella fait partie des fondateurs de la LIA, Ligue Internationale Antiprohibitionniste.
1990 Le 5 novembre 1990, Marco Taradash et Emma Bonino sont arrêtés pour avoir distribué en rue des seringues stériles aux toxicomanes n'ayant pas de prescription médicale dans le but de dénoncer les responsabilités de la législation américaine dans la propagation de l'HIV parmi la population toxicomane.
1991 Le 15 avril, Taradash et Bonino font à nouveau une distribution de seringues à New York, et sont encore une fois arrêtés.
1992 La CORA promeut un référendum pour l'abolition des sanctions pénales pour consommation de drogue, et pour la reconnaissance de la liberté thérapeutique dans le traitement des dépendances. En 1990, la loi sur la drogue avait en fait été modifiée: la simple consommation de drogue était redevenue interdite, et les traitements des toxicomanies à l'aide de produits de substitution étaient de fait défendus.
 
1993 Le référendum est gagné par 52% des voix.
1994 La CORA dépose au Parlement deux propositions de loi d'initiative populaire, signées par plus de 50.000 électeurs. La première concerne la légalisation des drogues douces, la seconde la réforme des politiques concernant le Sida.
 
1995 Le 27 août, pendant la campagne de récolte des signatures pour un nouveau référendum, Marco Pannella distribue gratuitement et publiquement du haschisch au marché romain de Porta Portese. Quelques dirigeants principaux du Mouvement du Club Pannella - Réformateurs: Rita Bernardini, Benedetto Della Vedova, Vittorio Pezzuto, Mimmo Pinto et Paolo Vigevano prennent également part à l'initiative. Le même jour, sept militants antiprohibitionnistes, Alberto Antinori, Gaetano Dentamaro, Raffaella Fiori, Aldo Ravazzi, Stefano Simoni, Matteo Teardo, Mauro Zanella commettent ce qui, quelques jours plus tôt, a abouti à l'arrestation d'un groupe de gamins à Riccione, parce que l'un d'entre eux détenait 1,8 gr de haschisch. Ils sont eux aussi arrêtés.
1995 Le 28 décembre, au cours de l'émission de la Rai-TV "Italie en direct", présentée par Alda d'Eusanio, Marco Pannella remet à la présentatrice un "paquet cadeau" contenant 200 grammes de haschisch.
1995 Le 29 décembre, Marco Pannella distribue du haschisch aux passants sur la Place Navona, à Rome.
1996 Le 5 janvier, plus de 500.000 signatures sont déposées pour la proposition d'un référendum en faveur de la légalisation des drogues douces. La Cour Constitutionnelle rejette un vice de forme constitutionnel concernant les normes sur le cannabis relativement à la loi sur la drogue, invoqué par un des juges responsables des poursuites contre Pannella. Ce dernier démissionne du Parlement européen, afin de pouvoir être poursuivi en justice, et de ne pouvoir, en cas de condamnation, se soustraire à une peine de détention qui lui serait infligée.
1996 Le 10 septembre, le Conseil communal de Turin approuve une motion présentée par le responsable de la CORA, Carmelo Palma, demandant la légalisation immédiate des drogues douces et la prescription contrôlée à des fins thérapeutiques d'héroïne pour les toxicomanes. Pour la première fois, une ville italienne demande la légalisation des drogues illégales. En quelques mois, des documents analogues sont présentés et approuvés dans une vingtaine de chef-lieux de provinces italiennes.
1997 Le 30 janvier, la Cour constitutionnelle italienne déclare le référendum sur les stupéfiants à nouveau irrecevable et motive son arrêt au moyen du lien constitué par les conventions internationales en matière de produits stupéfiants ou psychotropes.
1997 Le 19 septembre, Marco Pannella est condamné par le Tribunal de Rome à 4 mois de réclusion, commués à 8 mois de liberté surveillée, pour distribution de haschisch à Porta Portese en 1995, dans le cadre des initiatives de désobéissance civile organisées en soutien à la campagne pour la légalisation des drogues douces.
1997 En octobre, la campagne de désobéissance civile pour la légalisation des drogues douces est relancée. Au cours de trois manifestations publiques, des dirigeants et des militants de la Liste Pannella et du Parti Radical transnational, dont le député européen Olivier Dupuis, distribuent des centaines de sachets de haschisch. Et le 25 octobre, les forces de l'ordre procèdent à l'arrestation de Marco Pannella et de Rita Bernardini, deux des principaux représentants de la Liste Pannella, et de 5 autres militants antiprohibitionnistes, Antonio Borrelli, Alessandro Caforio, Piergiuseppe Camici, Cristiana Pugliese, Mauro Zanella.
1997 Le 20 octobre à Milan, sur la Place Scala, Rita Bernardini et Lucio Berté distribuent du haschisch aux passants.
 
1997 Le 25 octobre, une autre manifestation a lieu à Largo San Carlo, à Rome, au cours de laquelle les forces de l'ordre procèdent à nouveau à l'arrestation de Marco Pannella, de Rita Bernardini et des militants antiprohibitionnistes Antonio Borelli, Alessandro Caforio, Pier Giuseppe Camici, Cristiana Pugliese et Mauro Zanella.
1997 Le 8 novembre a lieu à Rome, à Largo San Carlo al Corso, une manifestation antiprohibitionniste au cours de laquelle sont arrêtés par la police Olivier Dupuis, Secrétaire du Parti Radical transnational, Gianfranco Dell'Alba, député au Parlement européen, Anna Autorino, Paolo Pietrosanti, Veronica Orofino et Clothilde Buonassisi pour don de haschisch.
1997 Le mercredi 12 novembre, à Rome, une nouvelle initiative de désobéissance civile relative à la drogue (la cinquième en moins d'un mois) se déroule à Largo San Carlo al Corso. Quelques citoyens européens non italiens prennent part à l'initiative, notamment le Belge Eric Picard, Secrétaire de la CORA (Coordination radicale antiprohibitionniste), le Français Thierry Meyssan et le Belge Michel Hancisse, membres de la direction de la CORA, des militants antiprohibitionnistes, le Français Michel Sitbon et le Belge Alexandre de Perlinghi.